L’affaire de pédopornographie à Peyssies a détruit toute une famille au sud de Toulouse. Un retraité d’EDF de 63 ans, déjà condamné, est poursuivi pour avoir filmé cinq proches, dont des fillettes de six ans, à leur insu. Il est également suspecté d’avoir exercé un chantage sexuel à l’aide de faux comptes.
Un retraité d’EDF, déjà condamné pour agression sexuelle, est soupçonné de chantage sexuel sur ses nièces et ses petites-filles à Peyssies, au sud de Toulouse.
L’affaire soulève l’indignation des victimes, représentées par Me Agathe David : alors qu’il doit être jugé le 19 mai par le tribunal correctionnel pour la détention d’images pédopornographique, sa remise en liberté sous contrôle judiciaire dans l’attente de l’audience cristallise les tensions.
Tout commence en juillet 2022. Lily, alors âgée de 20 ans, reçoit sur Instagram des messages inquiétants d’un profil anonyme lui envoyant des photos d’elle nue. Ces clichés avaient été capturés à son insu sept ans plus tôt, lorsqu’elle n’avait que 13 ans, sous la douche de son oncle. Le maître chanteur est explicite : sans l’envoi de nouvelles photos, il diffusera les images sur le web.
Cinq victimes dont des fillettes de 6 ans
L’enquête déclenchée par la plainte de la jeune femme s’oriente rapidement vers l’oncle. Le profil du suspect interpelle les enquêteurs : il avait déjà été condamné en 2018 par le tribunal de Toulouse à trois ans de prison pour détention et transmission d’images pédopornographiques. Ce n’était pas son premier passage devant la justice : en 1999, il avait aussi été condamné pour agression sexuelle.
En mars 2026, le mis en cause est placé en garde à vue. Les investigations des gendarmes révèlent un système pervers : l’homme avait installé une caméra espion dans la douche de son domicile, à Peyssies, pour filmer ses proches. Cinq victimes sont identifiées : ses belles-filles, ses nièces et ses petites-filles, âgées de 6 ans au moment des faits (!). Ces dernières ont également été harcelées par de faux comptes sur les réseaux sociaux.
Lors de son audition, le sexagénaire a reconnu les captations, invoquant une « curiosité » liée à des troubles sexuels. Il nie toutefois le chantage, affirmant qu’il partageait simplement l’accès à ses fichiers avec d’autres internautes, une version que les gendarmes n’ont pu étayer. En dépit de cette « dangerosité criminologique » avérée et de son lourd passé judiciaire, le suspect est ressorti libre sous contrôle judiciaire strict en attendant le procès.

















