EXCLUSIF. Violence militante en centre-ville. L’expédition punitive de la rue Bouquières connaît un nouveau rebondissement avec l’arrestation d’un sixième suspect. Les enquêteurs cherchent encore à éclaircir les motivations politiques de l’agression.
Vingt-deux ans et un rendez-vous imminent face aux juges. Ce jeune homme, suspecté d’avoir pris part à l’expédition punitive de la rue Bouquières, a été interpellé ce mardi par les enquêteurs de la PJ. Contrairement aux cinq autres suspects déjà arrêtés lors de cette soirée de tensions entre militants de l’ultra-gauche et commerçants, il n’a pas été relâché mais sera déféré au parquet de Toulosue.
Tout commence par un simple refus d’affichage politique. Début décembre, une commerçante s’oppose au collage de stickers « ACAB Party » sur sa vitrine. « Ma boutique n’est pas un lieu d’expression politique », martèle-t-elle quelques jours plus tard dans la Dépêche du Midi. Ce geste déclenche des insultes, puis des menaces de plus en plus précises.
Le 4 février, des individus reviennent à la charge avant de passer à l’action le lendemain soir. Une vingtaine de personnes masquées fondent sur la boutique, armées de matraques télescopiques et de casques de moto.
« On a craint le pire »
L’affrontement est bref mais d’une grande violence. « Quand mon ami s’est retrouvé au sol et a reçu des coups multiples, nous avons quand même craint le pire », confie la victime. Si les pompiers n’ont pas eu à intervenir pour des blessures graves, le choc psychologique est profond.
Sur place, les policiers de nuit avaient réussi à stopper cinq personnes, dont une femme, malgré une résistance violente de l’un des suspects. Deux bombes lacrymogènes avaient été saisies.
Pression et poursuites
Depuis les faits, la commerçante et ses amis, qui ont déposé plainte, disent subir un harcèlement téléphonique constant. « On reçoit des appels masqués sans cesse, une manière de nous mettre la pression », déplore la jeune femme.
L’interpellation de ce sixième homme ce 5 mai marque une nouvelle étape judiciaire. Après les gardes à vue prolongées des premiers suspects, le parquet doit maintenant décider des suites à donner pour ce nouveau mis en cause, dans un dossier où les motivations politiques semblent au cœur de l’agression.















