Deux maternités proches de Toulouse, au nord et au sud, vont fermer à la fin du mois de septembre. Depuis plusieurs jours, les témoignages de soutien se multiplient. C’est le cas d’Aurore, qui a donné naissance à son premier enfant, Norah, à la maternité de la clinique d’Occitanie de Muret en janvier dernier. Elle y avait apprécié le côté « cocon » et la proximité, à seulement quinze minutes de chez elle.
La maternité de la clinique d’Occitanie, à Muret, accueille ses derniers bébés. À la fin du mois de septembre, l’activité de naissance s’arrêtera. Le groupe Elsan, propriétaire de l’établissement, l’a confirmé. Face à la diminution de la natalité (160 accouchements seulement en 2025) et à des difficultés de recrutement médical (il ne reste que deux gynécologues-obstétriciens), la direction de la clinique d’Occitanie a choisi de faire évoluer son projet médical. À la même date, la maternité de la clinique de L’Union (groupe Ramsay), au nord de Toulouse, fermera aussi pour regrouper son activité naissance à la clinique Croix-du-Sud.
« C’est triste pour le personnel »
À Muret, Aurore a appris la nouvelle avec tristesse, il y a quelques jours, lors d’une consultation pédiatrique pour son bébé, né trois mois plus tôt à la clinique d’Occitanie. « On nous a dit que la maternité allait fermer, ça nous a touchés, on venait de revoir le personnel qui m’avait suivie durant toute la grossesse. Les équipes sont formidables et la maternité est à taille humaine. Nous avons tellement apprécié avoir cette maternité à 15 minutes de chez nous et de ne pas être obligés d’aller à Toulouse. C’est triste pour les patientes et le personnel », témoigne Aurore, qui habite la commune de Lherm.

« On sent que le personnel est proche des patientes »
La jeune maman garde un excellent souvenir de son passage à la maternité où est née la petite Norah, son premier enfant. « J’ai accouché le 19 janvier, nous étions seulement deux mamans dans le service. La maternité s’était un peu vidée en raison de la grève des gynécologues la semaine précédente, on avait même reçu un message pour nous préparer à aller accoucher à la maternité Paule-de-Viguier (CHU de Toulouse). Tout le monde a été aux petits soins avec nous, on a eu le temps d’être écoutés. C’est une petite structure, on sent que le personnel est là, proche des patientes. Je me suis sentie comme dans un petit cocon, c’était vraiment chouette pour un premier accouchement », raconte encore Aurore, qui a apprécié la mise en place d’un temps de parole, en groupe, autour de la parentalité.
Pour accoucher il faudra aller à Toulouse ou à Saint-Gaudens
La fermeture annoncée de la maternité a surpris Aurore. « La semaine où j’ai accouché, il y a eu la visite de l’ARS (Agence régionale de santé), le personnel était stressé, il multipliait les rendez-vous et les réunions. Mais tout s’était bien passé, ils nous l’ont dit, ils étaient ravis d’avoir eu un bon retour de l’ARS. Et, finalement, quelques mois après, on annonce que ça ferme… J’ai trouvé ça un peu déplorable ».
La direction de la clinique d’Occitanie a annoncé la fermeture de la maternité au cours d’une réunion exceptionnelle du Comité social et économique (CSE) le 22 avril dernier. Un projet de centre de santé de la femme est en cours pour couvrir l’ensemble du parcours de vie de la femme, de l’adolescence à l’après-ménopause. En septembre dernier, la clinique d’Occitanie avait décroché une autorisation pour l’activité de fécondation in vitro (FIV) qui devrait démarrer en 2027. Mais, pour les accouchements, les patientes de cette partie sud du département n’auront pas d’autre choix que de se rendre à Toulouse ou à Saint-Gaudens.


















