Après une semaine de chaleur record, la directrice de l’agence de l’eau Adour-Garonne, Élodie Galko, fait le point sur l’état des ressources en eau dans les Pyrénées et sur les stratégies pour l’été.
Nous sortons d’une semaine de chaleur record pour un mois de mai, est-ce qu’on doit déjà parler de sécheresse ?
On ne doit pas parler de sécheresse, mais effectivement, cet épisode de canicule, c’est une piqûre de rappel. On se souvient encore tous de l’été 2022 et cet épisode. Il nous montre à quel point on est fragile en matière de climat et en matière d’eau également.
Concrètement cette chaleur précoce, est-ce qu’elle a eu un effet sur les cours d’eau, et les nappes phréatiques ?
Cet hiver, on a eu énormément de neige sur les Pyrénées, énormément de pluies aussi qui ont rempli tous les stockages qui sont situés dans les Pyrénées. On était rassurés par rapport à la période estivale qui approchait, et en fait, avec cet épisode très très chaud, la première conséquence, c’est que la neige est en train de disparaître dans les Pyrénées, on n’en aura plus d’ici la fin de la semaine. Et on va rentrer d’ores et déjà en période d’étiage. Dans les années précédentes, la neige finissait de fondre début juillet, donc elle a un mois d’avance.
Que fait-on sur notre territoire pour gérer cette ressource en eau ?
L’enjeu, c’est de se préparer à un monde où… la nature va nous donner un litre sur deux en moins. Un litre sur deux en moins l’été, quand tout le monde en a besoin.
Donc il faut se préparer à ça, on a un plan d’adaptation au changement climatique à l’échelle du bassin Adour-Garonne.
Toute une diversité de solutions, depuis le stockage de l’eau dans les barrages des Pyrénées, jusqu’à des solutions de sobriété. Ce que tout le monde peut faire, arrêter de gaspiller l’eau, éviter tous ces petits gestes qui conduisent à utiliser de l’eau pour rien. Ce sont des solutions que nous sommes en train de mettre en œuvre progressivement sur le bassin.
Ce lundi matin sur ICI Occitanie, on a parlé du dispositif R’Garonne à Cazères, qui permet de recharger les nappes phréatiques. Cette expérimentation peut-elle être généralisée ?
Cette expérimentation, effectivement, c’est une réussite et c’est une très bonne nouvelle, puisque quand on a commencé ce projet, on n’avait aucune certitude sur son bon résultat.
On a réussi à réinfiltrer de l’eau dans la nappe. 2,5 millions de mètres cubes exactement, et ça fait partie de la stratégie du comité de bassin de réinfiltrer les nappes à hauteur de 20 millions de mètres cubes au total. Donc il faut qu’on arrive à montrer qu’ici sur R’Garonne ça fonctionne, pour pouvoir dupliquer cette solution. L’enjeu c’est de pouvoir redonner cette eau l’été à tous ceux qui en ont besoin, les agriculteurs, les industriels, et l’eau potable.
Ce lundi les médecins libéraux adressent un courrier au gouvernement pour alerter sur la pollution chimique de l’eau potable. Comment les entreprises peuvent-elles mieux maîtriser leur gestion de l’eau ?
En matière de pollution, la première solution, c’est la prévention. Donc, éviter la pollution. On accompagne tous les industriels, tous les acteurs économiques du territoire plus largement, pour préserver la qualité de l’eau.
On le fait en particulier sur les zones de captage, c’est-à-dire là où on va prendre l’eau pour l’amener dans le robinet de chaque citoyen. On travaille de façon préventive, d’ailleurs un plan PFAS va être annoncé au comité de bassin du 2 juillet.
Et puis par ailleurs, on travaille évidemment sur tous les captages prioritaires du bassin pour limiter les pollutions pour la qualité de l’eau potable.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555


















