Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour « association de malfaiteurs » et « livraison d’informations à une puissance étrangère » après l’arrestation d’un homme originaire de Biélorussie et qui vit en Espagne. Cet homme de 48 ans a été interpellé à Saint-Orens, près de Toulouse, après avoir été identifié sur les images des caméras de surveillance de Delair, un fabricant de drones visé début juin par des engins explosifs.
Est-ce que les Russes espionnent Delair, le fabricant de drones dont les engins équipent l’Ukraine via l’armée française ? La justice le soupçonne et le parquet de Paris, compétent en la matière, a ouvert une information judiciaire la semaine dernière, comme l’a révélé « Le Parisien ». Un Biélorusse a été mis en examen et placé en détention provisoire.
L’enquête, reprise par les spécialistes de la DGSI, le renseignement intérieur, a commencé à Labège, à quelques kilomètres de Toulouse, sur le site de Delair, un fabricant de drones qui n’en finit plus de se développer depuis son ouverture en 2011 – 250 salariés et plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’usine, « sensible », admet un gendarme, grossit et propose désormais ses engins aériens (elle fabrique aussi des drones sous-marins) à l’Ukraine.
Repéré sur les images de vidéosurveillance
Dans la nuit du dimanche au lundi 1er juin, des engins explosifs ont été lancés sur le site en pleine nuit. Les dégâts sont très limités, mais ils ont entraîné immédiatement l’ouverture d’une enquête par le parquet de Toulouse. Les gendarmes de la brigade des recherches de la compagnie de Villefranche-de-Lauragais ont donc rapidement travaillé sur ces « destructions par moyens dangereux pour les personnes », qualification pénale choisie par le procureur.
Au-delà du travail des techniciens en investigations criminelles sur les engins qui n’auraient pas, ou peu, explosé, les gendarmes se sont concentrés sur les caméras qui veillent sur le site industriel. Un travail minutieux qui va permettre de trouver la trace, le mercredi 3 juin, d’un individu visiblement très intéressé par les essais d’un des derniers drones du fabricant.
Deux enquêtes se poursuivent
Les gendarmes se mobilisent et, rapidement, le suspect est repéré et interpellé à Saint-Orens, en banlieue toulousaine, dans un centre commercial. Officiellement, il est soupçonné de la tentative de destruction du début de la semaine. Seulement, les vérifications sur cet homme de 48 ans, qui vit en Espagne, vont réserver des surprises. Dans son véhicule, les gendarmes découvrent du matériel particulier : appareil photo et équipement high-tech, dont un brouilleur sophistiqué. De quoi motiver les gendarmes de la section de recherches de Toulouse et, très vite, les hommes de la DGSI.
Et ces derniers, lors de leurs investigations techniques, ont découvert qu’une vidéo avait été transmise en Russie. Suffisant pour soupçonner une ingérence étrangère et un acte d’espionnage. Le suspect a terminé sa garde à vue à Levallois-Perret avant d’être présenté au parquet de Paris. Mis en examen, il a donc été incarcéré. La DGSI poursuit son travail sur commission rogatoire. Et les gendarmes du groupement de la Haute-Garonne sur l’attaque menée avec des cocktails Molotov.















