Journée de galère pour plusieurs centaines de passagers d’un vol Toulouse-Oran opéré par Air Algérie. Panne de climatisation, 42 degrés dans la cabine, malaise, embrouille entre le commandant de bord et un passager… Les naufragés des airs s’apprêtent à passer la nuit sur des lits de camp après l’annulation de leur vol. Récit d’une journée galère.
« On a vécu une journée catastrophique ». Myriam*, 47 ans, devait prendre l’avion à Toulouse, ce mardi, pour se rendre au mariage de son frère en Algérie. « C’est une surprise, je n’ai rien dit à ma famille. Mes enfants m’ont offert le billet pour 400 euros », relate-t-elle.
Naufragés des airs
Le vol AH1077, assuré par la compagnie Air Algérie, effectue la liaison Toulouse-Blagnac-Oran. « C’est environ une heure et demie de vol », explique la passagère qui le prend une fois par an… tout en s’apprêtant à passer la nuit sur un lit de camp, dans l’enceinte de l’aérogare.
À l’instar de plusieurs centaines de passagers, elle se retrouve naufragée des airs après l’annulation de son vol. Initialement prévu à 13 heures, celui-ci est une première fois décalé d’une heure. « Mais l’avion est bien arrivé d’Oran. Les passagers ont débarqué à Toulouse, le personnel de nettoyage s’est activé et on nous a fait embarquer vers 14 heures », relate-t-elle.
« 42 degrés dans la cabine »
Mais l’habitacle confine à un four en mode pyrolyse. « Il faisait 42 degrés. On a fait des photos. La clim ne fonctionnait pas. Heureusement, j’avais un éventail dans mon sac, je l’ai vite sorti ! Moi qui ne transpire jamais, j’étais trempée de sueur », déroule la Franco-Algérienne. « Les gens ont commencé à péter les plombs. Ils criaient ouvrez-nous ! » Le personnel de bord accède à leur requête. Retour en salle d’embarquement.
Une heure plus tard, la compagnie les invite à regagner leurs sièges dans l’avion. « Le moteur tournait, on s’est dit qu’on allait partir. Mais une demi-heure s’est passée et on ne bougeait pas. Personne ne nous informait. Une dame a fait un malaise. Un homme qui accompagnait un bébé malade avec un tube au niveau du cerveau a hurlé qu’on lui ouvre la porte. Il s’est embrouillé avec le commandant de bord et a menacé de péter l’avion ». Tout le monde dehors !
« Les policiers ont été compréhensifs »
Mais cette fois, un comité d’accueil attend les passagers rouges écarlates et déshydratés. « La police a voulu arrêter cet homme. Mais les passagers ont expliqué la situation, qu’il voyageait avec un petit malade et ils ont été compréhensifs ». Finalement, le vol est annulé et reporté à mercredi matin.
« On doit être là mercredi à 5 heures, pour un décollage prévu à 8 heures. Je n’habite pas en Haute-Garonne, je n’allais pas rentrer pour revenir. Il y a aussi des gens de Lyon, de Pau… », énumère la quadragénaire. Un bon lit pour la nuit, offert par la compagnie après ces péripéties ? « Ah non ! On nous a dit qu’on allait nous installer des lits de camp ».
La nuit sur des lits de camp
Des bons sont distribués pour calmer la fin. « Mais ils ne sont pas acceptés par les commerces ». Myriam transportait de l’insuline. « Il fallait qu’elle soit conservée au frais. Je me suis débrouillée pour trouver de la glace auprès de commerçants sympas », soupire-t-elle. « Tout le monde est surpris. C’est la première fois que cette situation arrive avec Air Algérie, pour moi, et la plupart des passagers ici ».
La mère de famille s’apprête à passer une nuit difficile. « Il n’y a pas la clim dans l’aéroport. Bon déjà, il y a des ventilateurs et il fait 28 degrés, c’est mieux que dans l’avion ». Mais Myriam s’offusque. « On a payé le billet cher et on se retrouve naufragés, traités comme des moins que rien ».
(*) Le prénom a été modifié. Les responsables de l’aéroport Toulouse-Blagnac « ne souhaitent pas faire de commentaire sur la situation qui est une décision de la compagnie » (aérienne).












