En juin 2025, une femme qui circulait à vélo est morte dans un accident de la route, au nord de Toulouse. Un livreur lui a roulé dessus après une chute. Le tribunal correctionnel de Toulouse vient d’écarter la responsabilité de cet homme qui affirme « ne pas avoir vu » la dame tomber.
« Je repense tout le temps à cette scène. Pourquoi je ne l’ai pas vue ? Est-ce que j’aurais pu la voir ? C’est allé si vite… » Devant les juges du tribunal correctionnel de Toulouse, fin mai, Mohamed a assumé. « Je suis responsable », répétait ce livreur. Le jour du drame, début juin 2025, rue Frédéric-Estèbe, dans le nord de Toulouse, ni alcool, ni stupéfiants, ni vitesse, ni imprudence.
« J’ai regardé. À droite, à gauche. Je n’ai vu personne. Je me suis avancé. J’ai roulé sur quelque chose. J’ai pensé à un trottoir », a raconté cet homme devant le tribunal. Pas un trottoir mais le corps d’une femme qui venait de chuter sur la chaussée.
Pas de « faute routière »
Cette femme, pressée pour aller rejoindre sa troupe de théâtre pour une représentation, a été déstabilisée par un séparateur de la piste cyclable. Elle venait de dépasser un vélo moins rapide. Elle a été déséquilibrée quand elle est revenue sur la piste. Le livreur est arrivé à ce moment-là.
« Il ne pouvait pas la voir », rappelle son avocat Me Pierre Le Bonjour. Devant les juges, le conseil a plaidé une erreur morale mais pas une faute juridique. Le tribunal a pris le temps de réfléchir mais, après un mois, le livreur vient d’être relaxé des fins de la poursuite. « Un malheureux accident, aux conséquences dramatiques, demeure un malheureux accident et ne constitue pas un homicide routier, même involontaire », souligne Me Pierre Le Bonjour. « En écartant une faute qui n’existait pas, le tribunal n’a fait que justifier la réalité factuelle. »
Le soir du drame, Laure Ménil, 52 ans, roulait vers Launaguet où elle devait retrouver la troupe de théâtre des Faits semblants avec qui elle jouait depuis une dizaine d’années. Originaire de Bordeaux, dynamique et toujours souriante, cette femme oubliée par la justice lors du procès (elle n’était pas représentée) était mère de deux garçons.














