En 2025, la Haute-Garonne a enregistré 4 000 faits de délinquance supplémentaires, dont une part croissante liée aux escroqueries numériques. La gendarmerie parle d’un phénomène « en explosion », d’autant que les modes opératoires n’ont jamais été aussi sophistiqués. Tour d’horizon des cinq arnaques qui progressent le plus vite dans le département.
Le faux conseiller bancaire, fléau numéro un de la Haute-Garonne
C’est l’arnaque qui monopolise les statistiques locales. Sur les 900 faits supplémentaires enregistrés en zone gendarmerie en 2025, 64 % concernent les escroqueries aux faux conseillers bancaires ou aux faux coursiers, pour un total de 3 433 faits dans le département, chiffre qualifié d’« absolument incroyable » par les autorités.
Le scénario est rodé : un appel spoofé affiché sous le vrai numéro de votre banque, une voix rassurante qui vous pousse à valider vous-même des opérations frauduleuses, parfois un faux coursier venu récupérer votre carte à domicile. L’ensemble dure quelques minutes. La fraude au faux conseiller a progressé de 78 % au niveau national en un an.
Le phishing par SMS, quand un message anodin devient un piège
L’hameçonnage reste la menace numéro un en France, avec une hausse de 70 % des demandes d’assistance en 2025. Les vagues de SMS frauduleux usurpant Mondial Relay, Ameli, des péages ou la SNCF se succèdent sans répit en Haute-Garonne comme partout en Occitanie.
Ce qui rend l’attaque si efficace, c’est que 90 % des SMS sont lus dans les trois minutes suivant leur réception : le lien redirige vers un faux site identique à l’original, où la victime saisit ses coordonnées bancaires. Ces données alimentent ensuite d’autres arnaques, notamment le faux conseiller bancaire, puisque les escrocs disposent alors d’éléments précis pour crédibiliser leur appel. Une variante de l’été 2025 se contentait du simple « Bonjour, vous êtes chez vous ? » pour contourner les filtres anti-spam.
Les arnaques aux faux placements, décuplées par les deepfakes
Des vidéos truquées mettant en scène Emmanuel Macron, Bernard Arnault ou des présentateurs TV circulent massivement sur les réseaux pour promouvoir des placements financiers miracles. La technique du deepfake, accessible à moindre coût depuis 2025, a fait exploser ces arnaques : une tentative de fraude par deepfake survient désormais toutes les cinq minutes en France selon un rapport 2026.
Le scénario ne varie guère : premier dépôt de 250 euros, gains fictifs affichés sur une plateforme contrôlée par les escrocs, puis demandes successives jusqu’à la disparition du site. Ces arnaques représentent aujourd’hui 40 % du montant total de fraude financière en France.
Le piratage de compte, porte d’entrée vers toutes les autres arnaques
Le piratage de compte est devenu la première menace pour les professionnels en 2025 (+52 %), et les particuliers ne sont pas épargnés. Derrière cette progression, les fuites de données massives : Free (24 millions de clients), France Travail (36,8 millions de personnes), des mutuelles et des enseignes en ligne. Ces informations revendues sur le dark web alimentent des campagnes d’hameçonnage personnalisées, puisque les messages frauduleux contiennent désormais votre nom, votre adresse, voire votre IBAN. Un bond de +107 % des demandes liées aux violations de données a été enregistré en 2025.
Les crypto-rapts : quand la cybercriminalité bascule dans le réel
C’est la menace que la section de recherches de la gendarmerie de Toulouse traque en priorité. Le « crypto-rapt » consiste à cibler physiquement des détenteurs de cryptomonnaies pour les séquestrer et extorquer leurs clés privées. En 2024, on comptait 15 faits nationaux ; en 2025, une soixantaine ; sur les quatre premiers mois de 2026, plus de 40. La Haute-Garonne est directement touchée : le 23 mars, une femme a été séquestrée à son domicile de Péchabou par des malfaiteurs armés. Les préjudices dépassent parfois plusieurs centaines de milliers d’euros.
Face à ces menaces, la plateforme 17Cyber, désormais intégrée à l’Occitanie, et le numéro vert Info-Escroqueries au 0 805 805 817 permettent d’être guidé rapidement. En 2026, chaque heure perdue après une arnaque réduit les chances de récupérer les fonds.
















