Place du Capitole à Toulouse samedi dernier : alors que les premiers clients des soldes s’apprêtent à entrer dans les boutiques sous 40 °C, les forces de l’ordre bouclent soudainement le centre-ville. Dans le cadre du Top 14 et de la retransmission du match sur écran géant place du Capitole à 21 heures, samedi 27 juin, la préfecture de la Haute-Garonne et la mairie ont décidé, par mesure de sécurité, de fermer différentes rues du centre-ville dès 16 heures. Plusieurs commerçants de ce périmètre ou à proximité peinent à comprendre cette décision dans un contexte économique difficile. On a été les interroger. Entretiens coup de gueule.
Samedi 27 juin, alors qu’une alerte canicule frappait Toulouse, la municipalité diffusait une consigne claire : « Nous recommandons aux supporters de rejoindre la place du Capitole seulement à partir de 19 h. » La mairie rappelait ainsi que le coup d’envoi de la finale de Top 14 opposant le Stade Toulousain à Montpellier serait donné à 21 heures au Stade de France, la place toulousaine accueillant la retransmission publique. Pour sécuriser l’événement, la préfecture de la Haute-Garonne et la municipalité ont instauré un périmètre de protection dès 16 heures, entraînant la fermeture de plusieurs rues du centre-ville. Ce décalage temporel – cinq heures avant le match et deux heures avant l’arrivée des premiers supporters – suscite la colère des commerçants, qui voient leur chiffre d’affaires lourdement impacté le premier jour des soldes, dans un contexte économique et météorologique déjà délicat. Cette mesure de sécurité est pourtant bien connue des professionnels du centre-ville, prévenus en amont et habitués à ce dispositif renouvelé depuis plusieurs années.
Une période commerciale très difficile
« Cette mesure demeure nécessaire, témoigne un commerçant. Mais pourquoi fermer les rues aux voitures et aux vélos dès 16 heures pour une rencontre sportive qui ne démarre qu’à 21 h ? Cet horaire réduit drastiquement la fenêtre de consommation des clients. » Selon lui, cette décision crée un « effet repoussoir » pour les habitants qui renoncent à se rendre en centre-ville le samedi. Une autre commerçante abonde : « C’est certes un jour d’événements majeurs, mais c’est aussi le jour le plus important de la semaine en matière d’achats. » À quelques rues de là, Antoine Nori, commerçant dans le quartier Victor-Hugo, déclare : « Par cette décision, c’est une véritable OPA que l’on impose au centre-ville ».
Pour Sandrine Rossignol, directrice de la Fédération des commerçants et artisans de Toulouse, la situation impose un arbitrage complexe : « Cette décision, discutée de nombreuses fois, se justifie par l’image de la place du Capitole, emblématique de Toulouse pour accueillir des événements valorisants pour la ville. » Pas moins de 18 000 spectateurs sont d’ailleurs venus samedi assister à la victoire du Stade. « Un aspect compris par les commerçants fiers de leur ville, nuance-t-elle, mais dont le chiffre d’affaires souffre cruellement ».














