À peine six mois après son inauguration, la grande-rue Saint-Michel à Toulouse est déjà de nouveau en chantier. Depuis le début de la semaine, des opérations de grenaillage de la chaussée sont menées chaque nuit afin d’éclaircir le revêtement et de limiter l’accumulation de chaleur lors des épisodes de canicule. Si ces travaux, programmés pendant la période estivale, ont peu d’impact sur les commerçants, les riverains, eux, déplorent des nuisances sonores nocturnes et s’interrogent sur la nécessité de revenir aussi rapidement sur une rue tout juste réaménagée.
Elle a été l’un des projets phares du précédent mandat municipal. Réduction du nombre de voies de circulation, priorité aux mobilités douces, végétalisation… La Grande-Rue Saint-Michel est devenue l’une des artères emblématiques du nouveau visage de Toulouse. Mais cette transformation s’était faite au prix de plusieurs années de travaux… Une fois inaugurée, en décembre dernier, la rue semblait enfin avoir retrouvé son calme. Pourtant, à peine six mois plus tard, en ce mois de juillet, les engins sont de retour. Des aménagements qui n’avaient pas pu être réalisés lors du chantier initial.
« Chaque nuit, ça fait beaucoup de bruit »
En ce mercredi matin, la Grande-Rue Saint-Michel a retrouvé son agitation habituelle. Mais la nuit précédente a été bien différente pour les habitants. « Ils travaillent depuis le début de la semaine. Chaque nuit, je ne sais pas exactement ce qu’ils font, mais ça fait beaucoup de bruit. Au début, ils étaient un peu plus loin, mais hier soir, c’était juste sous ma fenêtre. Avec la canicule, je dors les fenêtres ouvertes, alors là, c’était le pompon », souffle Geneviève en sortant de la boulangerie The Bakery Corner.
Depuis lundi, des opérations de grenaillage sont en effet réalisées sur la chaussée. Chaque soir, la circulation est interrompue sur une partie de la rue afin de permettre aux équipes d’intervenir.

Peu d’impact du côté des commerçants
Pour Antonin, vendeur chez The Bakery Corner, ces travaux passent presque inaperçus. « Nous fermons assez tôt le soir, donc nous ne sommes pas du tout impactés. Notre clientèle vient surtout le matin et en début d’après-midi, nous n’avons constaté aucune baisse de fréquentation. »
Même constat pour Patrick, pharmacien installé dans la rue. « J’avais été informé de travaux sur le réseau d’assainissement, mais je ne savais pas qu’il y avait un grenaillage. Personnellement, je n’ai pas été impacté. Les habitants le ressentent certainement davantage que les commerçants. »
Un grenaillage pour limiter la chaleur
Mais certains se questionnent : « Pourquoi cela n’a-t-il pas été fait en même temps que le reste ? C’est quand même l’argent de nos impôts », s’interroge le pharmacien.
Pour Jonnhy Dunal, maire du quartier, la réponse est avant tout technique. « Le grenaillage est une technique qui permet d’augmenter l’albédo du revêtement, c’est-à-dire sa capacité à réfléchir les rayons du soleil. Dans des rues très minérales comme la Grande-Rue Saint-Michel, avec la brique toulousaine et un bitume foncé, la chaleur est fortement emmagasinée. En éclaircissant la chaussée, on limite cet effet et on réduit la température ressentie. »

Concrètement, l’opération consiste à projeter des microbilles d’acier sur le bitume afin d’en retirer la fine pellicule superficielle. Les gravillons apparaissent alors, donnant à la chaussée une teinte plus claire. « Mais cette intervention ne peut pas être réalisée immédiatement après la pose du revêtement. Il faut attendre au moins deux mois, le temps que le bitume sèche complètement et que les conditions météorologiques soient favorables. C’est pourquoi ces travaux sont programmés en période estivale », précise l’élu.
Selon la mairie, cette période permet également de limiter les nuisances pour les usagers, la circulation étant généralement moins dense pendant les vacances scolaires.













