Au lendemain des aveux de Cédric Jubillar, la justice toulousaine s’active. Mais pourra-t-elle effectuer des actes d’enquête suffisamment rapidement pour maintenir le procès en appel, prévu en septembre ?
Après les aveux de Cédric Jubillar, la première présidente de la cour d’appel de Toulouse a annoncé que « la justice allait agir rapidement ». La présidente de la cour d’assises de la Haute-Garonne étant « actuellement empêchée », elle a « procédé à la désignation d’une présidente de cour d’assises pour la suppléer de façon temporaire afin de procéder à tous les actes qui seraient utiles à la manifestation de la vérité ». Elle précise que la cour d’appel de Toulouse n’a pas reçu de demande d’audition de la part des avocats de Cédric Jubillar.
Les avocats des parties civiles croient à des actes rapides
Cette magistrate peut donc demander à entendre Cédric Jubillar, même sans avoir reçu de demande d’audition de la part des avocats de Cédric, qui n’ont par ailleurs rien communiqué à la cour d’appel.
Mais le procès en appel de Cédric Jubillar (condamné en première instance à Albi à 30 ans de réclusion) pourra-t-il vraiment se tenir à partir du 21 septembre comme prévu ?
L’avocate de la mère de Cédric Jubillar, la Ruthénoise Me Géraldine Vallat, pense que tout le monde « peut se mobiliser et faire en sorte que ça aille très vite ». Me Laurent De Caunes, avocat des frères et sœurs de Delphine, ne dit pas autre chose : « Le procès peut être maintenu si on y met un peu de diligence ».
Géraldine Vallat s’agace par ailleurs de la méthode des avocats de la défense : « Des aveux que l’on apprend par voie de presse, c’est violent pour ma cliente. Cette méthode de buzz par la presse est inouïe. La déontologie des avocats nous interdit de violer le secret professionnel ! Face à ces aveux, on reste méfiants, prudents et stupéfaits », explique-t-elle au micro d’ICI Occitanie.
Des magistrats prudents
Mais au cœur de l’été, est-ce vraiment jouable de diligenter des fouilles, éventuellement une autopsie si le corps est retrouvé ou des perquisitions ? « Tout cela prend du temps, il y a beaucoup d’investigations à mener, cela peut prendre du temps », estime Natacha Aubeneau, conseillère à la cour d’appel de Poitiers et membre de l’USM, premier syndicat de magistrats.
Plusieurs magistrats – pas forcément connaisseurs du dossier mais au fait du fonctionnement des assises – nous confient aussi hors micro qu’ils considèrent que les délais sont difficilement tenables.
Quant à l’influence sur le verdict de ces aveux, les jurés et la cour trancheront, mais des aveux tardifs ne garantissent pas à Cédric Jubillar une peine réduite par rapport à sa première condamnation.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555


















