Antony et Manon Picheyre, couple originaire de Grépiac, ont été sacrés champions du monde de plancha en mai dernier à Hossegor. Pourtant, ils ne s’étaient pas réellement préparés. Mais l’expérience d’Antony, cuisinier de formation, passé par des maisons étoilées, et la sérénité de Manon ont su conquérir le jury. Ils ont célébré leur titre au cours d’une soirée spéciale à la Guinguette à paillettes à Auterive, qui gardera pendant un mois à sa carte le menu qu’ils ont réalisé pendant la compétition. L’occasion pour La Dépêche de les rencontrer. On vous raconte leur parcours et leur projet.
Ce vendredi soir, la Guinguette à paillettes à Auterive célébrait sa première année d’activité. Et pour l’occasion, un menu unique plancha était proposé par le chef Antony Picheyre. Son nom ne vous dit peut-être rien pour l’instant, pourtant, avec sa femme Manon, ils ont remporté le Championnat du monde de plancha. Rien que ça. Une compétition qui s’est jouée en mai dernier à Hossegor. Le couple, originaire de Grépiac, a devancé les 18 autres duos en lice.
« Je n’ai fait que l’accompagner », glisse modestement Manon, assistante de direction de 27 ans. De son côté, Antony, qui a le même âge, est cuisinier de formation. Après un bac pro cuisine à Toulouse, il enchaîne les stages dans des maisons étoilées, notamment chez Michel Trama dans le Lot-et-Garonne. Il passe également quelques mois au palais de l’Élysée avant d’être embauché pendant cinq ans par Michel Sarran.
Aujourd’hui, il est chef du club VIP d’Airbus. En parallèle, il a créé sa propre structure dédiée aux événements privés. La plancha, ce n’est donc pas son cœur de métier. Ce qui ne l’a pas empêché de briller. « On n’en avait même pas à la maison, confie-t-il. On ne s’est pas vraiment entraînés. »
Le dessert qui aurait pu les mettre en danger
« C’est notre démarche de vie de se challenger », explique Manon. Ce qui a tout changé pour eux lors du tournoi, c’est leur « sérénité ». Et ce, malgré la présence de leurs deux enfants de cinq et huit ans, pour lesquels ils n’avaient pas de solution de garde le premier jour. « Certains avaient un restaurant à promouvoir, pas nous, on n’avait pas vraiment d’intérêt business, ajoute son mari. On a surtout passé du temps à rigoler, mais on était quand même là pour gagner ! »

Lors de la première épreuve, ils se sont démarqués avec des gyozas à la langoustine. Sur la deuxième, le panier surprise donné à tous les candidats contenait une cuisse de canard. Le couple a cuisiné un parmentier avec ail, thym et petits pois.
Pour la finale, ils devaient préparer un plat et un dessert avec toute l’épicerie à disposition. Ils ont imaginé une déclinaison de risotto aux petits pois et asperges, avec des encornets farcis aux crevettes et au foie gras. Et pour l’assiette sucrée, un carpaccio kiwi-fraise. Mais ce dernier les a mis en danger. « Au départ, on avait pour projet de réaliser une génoise mais on l’a ratée, relate Antony. Ça arrive, et on a réussi à rebondir avec des tuiles. »
Bientôt d’autres compétitions ?
Une situation qui aurait pu les déstabiliser mais qui les a, au contraire, animés. « J’adore travailler dans ces conditions : la surprise, c’est là où la créativité peut parler ! » Toutes ces recettes, ils ne les avaient jamais testées avant les épreuves.
Ils sont donc repartis à Grépiac avec deux planchas, mais aussi avec de nouvelles opportunités. « Ça nous a mis en lumière, on nous appelle pour des soirées spéciales. » D’ailleurs, pendant un mois, la guinguette à paillettes va laisser à leur carte le menu qui leur a valu le titre. L’année prochaine, Antony veut rempiler, avec la certitude de gagner à nouveau. Mais il voit plus loin : pourquoi pas d’autres compétitions, peut-être à la télévision…












