À Balma, aux portes de Toulouse, une expérimentation avait été menée à l’été 2025, et a suffi à convaincre la mairie de changer d’échelle. Le dispositif testé au parc Vidailhan avait permis de capturer plus de 12 400 moustiques en deux mois et demi, un résultat qui a poussé la commune à annoncer le triplement de ses bornes dès cet été 2026.
Reste à savoir si cette réussite locale suffira à changer durablement le quotidien des habitants, puisque le moustique tigre continue par ailleurs de gagner du terrain dans le reste de la Haute-Garonne.
Un test grandeur nature au parc Vidailhan
Tout est parti d’une expérimentation menée entre le 2 juin et le 18 août 2025 dans cet espace vert très fréquenté de Balma. Cinq bornes antimoustiques, baptisées Inyo et conçues par The Invascience Company, y avaient été installées afin d’évaluer leur efficacité dans un lieu public. Le principe ne repose sur aucun insecticide, puisque ces dispositifs reproduisent certains signaux qui attirent naturellement les moustiques avant de les piéger dans des filets, une approche qui répond à une demande croissante de solutions plus respectueuses de l’environnement.
Le comptage a d’ailleurs été mené avec un sérieux assez rare pour ce type d’expérimentation locale. Les filets étaient relevés chaque semaine, puis congelés avant d’être analysés par un entomologiste, ce qui donne du poids aux chiffres avancés par la mairie.
85% de moustiques tigres parmi les captures
Le résultat brut donne le vertige : 12 409 moustiques capturés et identifiés en deux mois et demi, dont 85% appartenaient à l’espèce invasive Aedes albopictus, plus connue sous le nom de moustique tigre. Ramené à l’échelle des cinq bornes installées, cela représente environ 32 captures par jour et par dispositif, ce qui donne une idée assez frappante de la pression que l’insecte exerce sur ce secteur précis de la métropole toulousaine.
Ce chiffre mérite tout de même d’être nuancé, puisqu’il concerne un site pilote unique, choisi pour sa forte fréquentation et la présence déjà connue du moustique tigre. Il ne préjuge donc pas de ce qui se passerait ailleurs dans la commune, ce qui est précisément l’objet de l’élargissement prévu pour 2026.
« On revit » : ce que racontent les riverains du parc
Au-delà des chiffres, ce sont surtout les habitants du quartier qui ont fait remonter un changement bien concret. Alors qu’ils subissaient ces attaques de moustiques depuis des années, chaque été, les riverains rapportent une diminution frappante de ces nuisances. Un constat partagé par de nombreux voisins, qui décrivent un été redevenu vivable en extérieur, ce qui n’était plus vraiment le cas ces dernières saisons dans ce coin de Balma.
Ces témoignages donnent à l’expérimentation une dimension qui dépasse largement le simple bilan chiffré, puisqu’ils traduisent un vrai soulagement après plusieurs étés où le moustique tigre avait fini par dissuader certains habitants de profiter de leur jardin en soirée.
Vers un dispositif triplé, et d’autres actions en parallèle
Fort de ces résultats, Balma a donc décidé de tripler le nombre de bornes installées dès cet été 2026, avec l’ambition de couvrir une portion bien plus large du territoire communal. La lutte contre le moustique tigre ne se limite d’ailleurs pas à ces équipements, puisque la mairie mise également sur des solutions complémentaires, comme l’installation de nichoirs destinés à attirer les chauves-souris, prédatrices naturelles de l’insecte, ou encore le repérage et la suppression des eaux stagnantes, véritables nurseries pour les larves.
Cette approche à plusieurs niveaux illustre une tendance de fond en Haute-Garonne, où les gestionnaires publics cherchent de plus en plus à combiner innovation technologique et gestes de prévention plus traditionnels, car le moustique tigre reste solidement implanté dans l’ensemble du département.
Une réussite locale, pas encore une victoire généralisée
Difficile, pour autant, de crier victoire trop vite. Ce qui s’est joué à Balma reste pour l’instant circonscrit à un seul parc et à une seule saison, aussi encourageants que soient les chiffres avancés par la mairie. La vraie question, celle à laquelle l’été 2026 devrait commencer à répondre, est de savoir si ce type de résultat peut se reproduire une fois le dispositif étendu à d’autres zones de la commune, avec des conditions et une fréquentation bien différentes.
En attendant, les habitants du secteur espèrent désormais voir cette expérimentation confirmer ses promesses à plus grande échelle. Si le triplement des bornes donne des résultats comparables sur l’ensemble de la commune, Balma pourrait bien devenir une référence pour d’autres villes de la région confrontées au même casse-tête estival, à commencer par ses voisines directes, elles aussi concernées chaque année par le retour du moustique tigre.











