La contestation sociale de Fibre Excellence s’amplifie avec l’occupation du site. Les salariés exigent un soutien étatique. En attendant la décision du tribunal de commerce, rendue ce lundi, ils sont dans l’expectative et s’interrogent sur leur futur. Rencontre avec certains d’entre eux.
Ce mardi 21 juillet, près de 200 salariés de l’usine Fibre Excellence se sont réunis pour mettre leur site industriel sous protection. Une action coup de poing afin de se « faire entendre de l’État et surtout que celui-ci prenne ses responsabilités », estime Sébastien Oustric, syndicaliste CGT. En clair, les salariés souhaiteraient que l’État entre au capital de l’entreprise pendant trois ans, le temps que l’investisseur Mathieu Pigasse mette en place son plan de relance. Les employés ont organisé leur mouvement en continu : « Il y aura une équipe le jour et une autre la nuit. Il faut qu’on arrive à faire comprendre à l’État l’importance de conserver cette usine en France. »
L’attente d’une décision commence à peser lourdement. « On est dans cette situation depuis plus de six mois. On a l’espoir que la solution soit positive, donc on tient, mais c’est agaçant de devoir attirer l’attention de l’État. Surtout que pendant le Covid, nous étions qualifiés d’essentiels pour le pays, et maintenant ? Où est l’État ? », s’indignent Cyril, Julien et Olivier.
Sans oublier que plus l’usine reste fermée, plus les salaires baissent : « J’ai aussi le crédit de la maison à payer. Je suis attaché à l’usine, mais j’ai aussi une famille à nourrir. Il nous faut une réponse rapide. » La précarité de la situation pèse directement sur le quotidien des équipes : « On en discute entre nous, les gens ont réduit leur budget, que ce soit pour les courses ou les sorties », témoigne un salarié. Un impact économique majeur qui menace l’ensemble du Comminges : « Les élus locaux mesurent l’urgence et nous soutiennent, mais il nous faut désormais une décision concrète », martèle Sébastien Oustric.
L’espoir d’une reprise avant tout
Si les salariés sont autant mobilisés, c’est que tous sont mus par l’espoir d’une reprise d’activité d’ici la fin de l’année. « Même s’il faut bosser deux fois plus lors de la reprise, on le fera ! Il faudra tout remettre en marche, mais on sera bien contents de reprendre. »
Une relance qui ira toutefois de pair avec certaines difficultés : « En six mois de fermeture, certains collègues sont partis. Nous allons pâtir d’une perte d’expérience et de compétences, mais nous nous adapterons : l’essentiel est de redémarrer. »
Engagés dans une mobilisation de longue haleine, les salariés ne laisseront pas tomber leur usine et attendent désormais avec impatience la décision que la justice rendra le lundi 27 juillet.









