Yassine, un Algérien en situation irrégulière, a été arrêté à Toulouse, quartier Bagatelle, pour trafic de drogue présumé. Les policiers l’ont vu dealer. Lui affirme être simple consommateur. Le tribunal l’a condamné à dix mois de prison ferme et à une interdiction de territoire français pendant trois ans.
Sa coupe mulet de toute beauté ravalerait presque les footballeurs slovaques des années 80 au rang d’aimables expérimentateurs capillaires. Le 13 août, jour de son 29e anniversaire, Yassine a été surpris sur un point de deal de Toulouse, quartier Bagatelle.
« Six policiers vous voient assis sur un muret, deux personnes vous tendent un billet de 20 euros, vous, en retour, des blisters », relate le président de l’audience de comparution immédiate.
« Il a grimpé dans la hiérarchie ! »
Le jeune Algérien en situation irrégulière a été désigné comme le dealer approvisionnant deux clients. « En septembre, ce n’était encore qu’un chouf (guetteur, NDLR) lorsqu’il a été arrêté à quelques rues de là. Il a manifestement grimpé dans la hiérarchie », tacle le procureur.
Tantôt en français, tantôt en arabe, sous l’oreille attentive de l’interprète, Yassine oppose une tout autre lecture des faits. « Je suis consommateur de cannabis depuis tout jeune. J’étais juste allé me ravitailler. La police m’a attrapé moi, mais le vrai vendeur a pris la fuite ». Un ange passe.
Arrivé illégalement en France via l’Espagne en 2024, le prévenu tente manifestement de surfer sur les faibles quantités de produits découverts en sa possession (10 g de résine, 5 g d’herbe) pour étayer son propos.
« Et ces 400 euros sur vous ? »
« Et ces 400 euros trouvés sur vous ? », relance le président, peu dupe. « C’est mon argent », rétorque le futur trentenaire devenu récemment papa. « Il fait les marchés. 200 euros, c’est l’équivalent d’une semaine de travail », suggère son avocat. « Et le reste, je l’ai trouvé par terre ». Bagatelle, ce quartier où les billets de banque jonchent le sol.
Sous OQTF, Yassine n’a pas respecté son obligation de pointer deux fois par semaine au commissariat. « Je signais et puis j’ai dû monter un mois à Paris ». « Vous comprenez le sens du mot obligation ? », recadre le tribunal.
Le procureur réclame six mois ferme et la révocation de six mois de sursis. « C’est un consommateur, pas un vendeur, soutient son conseil. Il a peur d’aller en prison ». « Je peux pas laisser mon fils… », supplie le prévenu. Dix mois de prison ferme, dont six mois de révocation de sursis, maintien en détention et une interdiction de territoire français pendant trois ans. Sans équivoque.














