Laurent Chérubin, maire de Labège, appelle les responsables politiques à la « retenue » après les réactions suscitées par la mort d’un ouvrier sur le chantier de la ligne C du métro. Le maire de Labège estime qu’il faut désormais laisser la justice établir les circonstances du drame et les éventuelles responsabilités.
Le maire de Labège entre à son tour dans le débat, mais pour demander qu’il cesse. Dans un communiqué diffusé ce samedi 22 août, Laurent Chérubin réagit aux prises de position politiques intervenues après les révélations sur la mort d’un ouvrier de 48 ans, le 3 août, sur le viaduc de la future ligne C.
Initialement présenté comme la conséquence d’un malaise, le décès d’Emmanuel V., intérimaire travaillant pour Alstom, serait en réalité lié au fonctionnement d’un engin de levage conduit par un tiers. L’autopsie a révélé un « syndrome d’écrasement » et le parquet de Toulouse a ouvert une enquête pour homicide involontaire. Les investigations sont menées par la gendarmerie et l’Inspection du travail.
« Ni opportun ni responsable de se prononcer »
Ces éléments avaient provoqué de vives réactions parmi les oppositions toulousaines. Les élus écologistes avaient notamment demandé à Tisséo de suspendre les travaux confiés à Alstom. Les Insoumis François Piquemal et Hadrien Clouet s’étaient, eux, interrogés sur la diffusion de la première version évoquant un malaise et avaient demandé de déterminer « qui a menti ». Des réactions rapportées par La Dépêche du Midi le 19 août.
Laurent Chérubin, également vice-président du Sicoval chargé des mobilités, refuse pour sa part de tirer des conclusions avant la fin des investigations.

« Il appartient désormais à la seule autorité judiciaire d’établir les faits et, le cas échéant, les responsabilités », souligne-t-il. Selon lui, tant que l’enquête n’a pas livré ses conclusions, il n’est « ni opportun ni responsable de se prononcer sur des éléments que nul, à ce stade, ne maîtrise pleinement ».
« Ce moment appelle la sobriété »
L’élu dit vouloir d’abord s’associer « pleinement » au deuil de la famille, des proches de la victime et de ses collègues. « C’est envers leur douleur, avant toute autre considération, que nous devons aujourd’hui la retenue et le respect », insiste-t-il.
Sans citer directement les élus écologistes et insoumis, Laurent Chérubin leur adresse une sévère mise en garde : « Instrumentaliser ce deuil à des fins de politique locale me paraît profondément inopportun. » Pour le maire de Labège, « ce moment appelle la sobriété, non l’agitation ». Il demande ainsi à tous les acteurs politiques de laisser la justice « accomplir sereinement sa mission ».















