Quelques jours après sa sortie de réanimation, un Toulousain encore atteint de troubles cognitifs a été victime d’une escroquerie au faux conseiller bancaire. En moins de deux heures, 22 opérations ont permis aux fraudeurs de détourner 7 400 euros. Son épouse conteste aujourd’hui le refus de remboursement de leur banque, qui avait, assure-t-elle, connaissance de son état de santé.
Deux heures d’absence auront suffi. Le 4 juin dernier, Sophie* quitte temporairement son domicile toulousain, où son mari poursuit sa convalescence après un grave accident survenu trois semaines plus tôt. Quelques jours plus tôt, l’homme est sorti de réanimation après un lourd traumatisme crânien. Son épouse assure qu’il souffre alors d’importants troubles cognitifs.
Pendant son absence, son mari décroche son téléphone. À l’autre bout du fil, un homme se présente comme un conseiller bancaire. Selon la famille, l’interlocuteur dispose de nombreuses informations sur leurs comptes. Commence alors une conversation qui durera 1 h 59.
22 opérations en moins de deux heures
Lorsqu’elle rentre chez elle, Sophie découvre son mari toujours au téléphone. Elle contacte immédiatement le service d’opposition de sa banque. Trop tard : 22 opérations ont déjà été effectuées pour un préjudice précisément évalué à 7 364,83 euros. Selon le dépôt de plainte que La Dépêche a pu consulter, le faux conseiller aurait notamment amené son mari à créer des bénéficiaires présentés sous les noms de leurs enfants, avant de réaliser onze opérations vers chacun des deux comptes.
Pour cette Toulousaine, l’état de son mari est au cœur de l’affaire. Elle explique que celui-ci souffrait encore des conséquences de son traumatisme. Le lendemain de l’escroquerie, son médecin traitant aurait d’ailleurs attesté de capacités cognitives altérées. Selon elle, son mari conserve aujourd’hui encore un « vide » dans ses souvenirs couvrant notamment cette période.
Surtout, Sophie affirme avoir prévenu leur banque de la situation médicale de son époux avant les faits. Elle dit notamment avoir échangé avec leur conseillère après son hospitalisation et disposer de courriels témoignant des difficultés qu’il rencontrait alors pour utiliser son application bancaire. Un élément également avancé par leur protection juridique. « Je me dis qu’il n’y a plus de limites. Si je n’avais pas été là, jusqu’où auraient-ils pu aller ? », s’interroge-t-elle.
Une mise en demeure adressée à la banque
Après avoir fait opposition, la famille a déposé plainte et demandé le remboursement des sommes détournées. Dans un courrier adressé au couple le 23 juillet, le CIC a refusé cette demande, estimant que les virements avaient été validés à l’aide des dispositifs d’authentification associés au compte. La banque indique également avoir tenté de récupérer les fonds auprès des établissements bénéficiaires : seuls 99 centimes ont pu être récupérés.
Le couple a depuis saisi sa protection juridique. Le 18 août, la MAIF a mis le CIC en demeure de rembourser les 7 364,83 euros sous un mois, contestant notamment les conditions dans lesquelles les opérations ont pu être réalisées alors que l’état de vulnérabilité du client aurait été signalé. « On est ouverts à tout », explique Sophie, qui assure rechercher avant tout « un apaisement de la situation ».
Sollicité par La Dépêche du Midi, le CIC n’a pas donné suite à nos questions.


















