L’abbaye Sainte-Marie de Boulaur, dans le Gers, fait partie des 13 sites d’Occitanie retenus par la Mission Patrimoine 2026. Cette sélection doit contribuer à restaurer son clocher, victime d’importantes infiltrations d’eau.
L’abbaye Sainte-Marie de Boulaur, dans le Sud-Est du Gers, figure parmi les 13 sites d’Occitanie sélectionnés pour bénéficier de l’édition 2026 de la Mission Patrimoine. Le dispositif porté par Stéphane Bern et déployé par la Fondation du patrimoine va permettre de financer la sauvegarde de son clocher, aujourd’hui très dégradé.
Le monument, situé dans un village d’environ 170 habitants, fait face à des infiltrations d’eau. « Les dernières grosses pluies ont fait apparaître des fuites de plus en plus importantes au niveau des toitures des bâtiments du XVIIIᵉ siècle, et dans l’église au niveau du clocher et des vitraux », souligne la Fondation du patrimoine.
Un clocher touché par les infiltrations
Les dégâts concernent plusieurs parties de l’église abbatiale. Un contrefort extérieur « se désagrège », ce qui favorise les infiltrations d’eau de pluie. Celles-ci dégradent le bâtiment, font tomber les enduits et bouchent certaines évacuations.
La tour-clocher est également envahie par la végétation. Les vitraux ne sont plus suffisamment étanches et laissent entrer le vent et la pluie, qui dégradent notamment le chœur.
La restauration prévue sera donc importante. Elle doit comprendre la reprise de l’étanchéité, des maçonneries et du beffroi, ainsi que la réfection complète de la toiture. Les élévations, les contreforts, les joints et les vitraux doivent également être consolidés ou restaurés. L’objectif est de préserver durablement cet ensemble médiéval, qui accueille toujours une communauté cistercienne.
Une abbaye restaurée depuis 1949
L’histoire de l’abbaye permet de comprendre l’état actuel du site. Fondée en 1142 à la demande de Longuebrune, comtesse d’Astarac, l’abbaye a été occupée jusqu’au début du XXᵉ siècle. Mais en 1903, les religieuses ont été contraintes de partir en Espagne dans le contexte de la préparation de la loi de séparation entre l’Église et l’État.
Pendant près de 50 ans, le monastère s’est retrouvé à l’abandon et il n’a pas été entretenu. Toitures, fenêtres, murs et réseaux se sont fortement dégradés. En 1949, cinq jeunes femmes ont racheté l’abbaye pour y commencer une vie conventuelle.
Depuis, les moniales restaurent progressivement les bâtiments. Le cloître a notamment été reconstruit en 1975, tandis que des agrandissements ont été réalisés entre 2020 et 2023.
Boulaur parmi les 100 sites retenus
Cette année, près de 650 candidatures ont été déposées pour intégrer la Mission Patrimoine. Dix-huit projets emblématiques des régions et un site par département ont finalement été retenus.
Au total, 100 sites départementaux de l’Hexagone et d’outre-mer bénéficieront donc du soutien de cette neuvième édition. Depuis 2018, la Mission Patrimoine indique avoir aidé plus de 1 080 sites pour leurs travaux de restauration.

















