Une piscine au cœur d’une résidence privée du centre de Merville subit depuis plusieurs années des intrusions à répétition. Si, jusqu’ici, les habitants avaient réussi à recadrer les intrus par la parole, vendredi dernier, une altercation a éclaté et a viré à la violence entre une septuagénaire et des adolescents. Encore sous le choc de l’éclat de cette rixe, la victime nous raconte.
Cette habitante de Merville a l’habitude de devoir demander aux intrus de quitter la piscine de sa propriété. Mais elle n’avait jusqu’ici jamais été agressée en retour. Complètement choquée par cet excès de violence, elle retourne doucement à la réalité. « Ça secoue, je ne m’attendais pas à ça… »
Le squat de piscine privée est récurrent dans sa résidence. Dans la journée du 10 juillet dernier, sous la canicule, la septuagénaire demande à deux groupes différents de jeunes de quitter le bassin privé. Puis à 17 h 30, elle se redirige vers la piscine pour la troisième fois. « Il y avait encore deux jeunes qui étaient en train de se baigner. » Elle leur demande de quitter les lieux.
Excédée de devoir réclamer la même chose à répétition, la femme prend les devants. « Pour qu’ils sortent, j’ai pris leurs affaires en leur demandant de m’accompagner dehors », relate-t-elle.
Une escalade jusqu’à la violence
Baskets et vêtements en main, elle se dirige vers le portail. « J’avais un peu la hargne », admet-elle. Dans un sentiment de ras-le-bol, elle jette les affaires au sol, sans se rendre compte qu’un téléphone était à l’intérieur d’une des paires de chaussures. Leur réponse ne se fait pas attendre. « Et là, tout est allé tellement vite », souffle-t-elle. L’un des deux jeunes se serait à son tour emparé du téléphone de la riveraine.
Un jeu du chat et de la souris commence alors. « Vous imaginez une course-poursuite entre un enfant de 14 ans et moi à 74 ans ? » Elle peine à récupérer son mobile, mais garde celui de l’adolescent en main.
Quand le grand frère intervient pour temporiser, il ordonne à son petit frère de rendre l’appareil. Comme une monnaie d’échange, elle donne le portable du jeune afin de récupérer le sien. « Il l’a mis en hauteur pour que je ne l’attrape pas, explique-t-elle. Je me suis avancée de manière instinctive, je n’ai pas imaginé la suite… Il m’a repoussée et je suis tombée par terre. » Les jeunes auraient alors pris la fuite, laissant derrière eux la septuagénaire au sol.
Un vrai traumatisme pour la victime
À la suite, un voisin, qui avait déjà eu affaire au duo, sort de son camion et se lance à leur poursuite. « J’ai eu peur qu’il se fasse frapper », confie-t-elle. Quelques minutes plus tard, il revient avec les deux adolescents et leur mère. Sans présenter d’excuses, la maman n’aurait pas montré de regret. « Si mes propres enfants ou petits-enfants avaient fait la même chose, ils auraient pris une rouste », plaisante la grand-mère pour dédramatiser la situation.
Encore sonnée et sans réellement comprendre ce qui vient de lui arriver, elle se fait conduire par une amie aux urgences. Les médecins décèlent une fracture du cinquième métatarse – un os du pied – nécessitant une longue convalescence de six semaines. Elle doit changer ses plans pour la suite des vacances : « J’avais prévu de garder mes petits-enfants, je vais devoir faire autrement. » Mais ce n’est rien comparé au traumatisme dont elle souffre aujourd’hui. Elle a déposé plainte.












