Au lendemain de la découverte du corps de Sandra, 40 ans, dans le garage incendié de sa maison à Launaguet, l’émotion submerge son quartier. Alors qu’une enquête pour assassinat sur conjoint est ouverte, voisins et proches décrivent une mère de famille travailleuse et appréciée, qui vivait depuis plusieurs semaines sous la menace de son ex-compagnon.
Devant le garage noirci par les flammes, une femme fond en larmes. Quelques secondes passent avant qu’elle ne parvienne à reprendre ses mots. Son regard reste fixé sur les fleurs déposées devant l’entrée, désormais condamnée par une grande plaque de bois. « C’était une bonne personne, elle était appréciée de tout le monde. Elle était serviable et sérieuse. C’était une maman, une battante, elle avait tout pour elle. » Autour d’elle, les bandeaux rouges « Scellés – Ne pas ouvrir » sont toujours accrochés aux murs.
Ce mercredi matin, le ciel est gris et l’atmosphère pesante rue Aimé-Césaire, à Launaguet. Trois chats rôdent autour de la maison. Vingt-quatre heures plus tôt, le corps partiellement calciné de Sandra, 40 ans et mère de deux enfants, était découvert dans ce garage après un incendie.
Une douille de calibre 7,65 a été retrouvée dans le garage. L’ex-compagnon de Sandra a, lui, été découvert peu après près du stade de la commune, grièvement blessé à la tête, une arme de poing à ses côtés. La piste d’une tentative de suicide est étudiée. Le parquet de Toulouse a ouvert une enquête pour assassinat sur conjoint.

« Une maman, une battante »
Dans cette rue résidentielle, la disparition de Sandra laisse derrière elle une profonde sidération. Installée là depuis plusieurs années, la quadragénaire est décrite dans le voisinage comme une femme « toujours polie, travailleuse », très investie auprès de ses deux filles. Elle avait été esthéticienne avant de travailler dans la sécurité à l’aéroport de Toulouse-Blagnac.
Au fil des conversations revient aussi la situation qu’elle traversait depuis plusieurs mois. Des habitants racontent que son ancien compagnon ne vivait plus à son domicile et affirment qu’il continuait à la suivre. Des témoignages qui font écho aux éléments communiqués depuis par le parquet, sans permettre à eux seuls d’établir les circonstances du drame.
Sandra avait déposé plainte en juillet pour appels malveillants par conjoint, atteinte à l’intimité par conjoint et violences psychologiques ayant entraîné un jour d’ITT. Son ex-compagnon avait été placé sous contrôle judiciaire. Il lui était notamment interdit de se rendre au domicile, d’entrer en contact avec Sandra et de porter une arme. Il devait comparaître devant le tribunal correctionnel en janvier prochain.
Une évaluation de la situation de la quadragénaire avait également conduit le parquet à lui attribuer, dès le 5 août, un téléphone grave danger.
« Ici, tout le monde se connaît »
Au lendemain du drame, ces mesures de protection nourrissent désormais les interrogations. Dans le quartier, certains ne comprennent pas comment un tel passage à l’acte a pu survenir alors que l’ancien compagnon avait interdiction d’approcher Sandra. L’enquête devra déterminer précisément le déroulement des faits et établir si le meurtre avait été préparé.
Devant la maison, les fleurs restent posées à quelques centimètres des scellés et des stigmates de l’incendie. Dans cette rue habituellement paisible, le contraste est saisissant. « Ici, tout le monde se connaît. Tu peux laisser ta voiture ouverte, personne n’y touchera. Donc c’est très violent », raconte-t-on dans le voisinage.
















