Avenue des États-Unis à Toulouse, des riverains assistent médusés à d’incessantes scènes d’exhibition et de violences. Depuis le décès d’un propriétaire, ce logement a basculé dans l’enfer d’une occupation incontrôlable. Un appartement est depuis quelques mois envahi par un groupe de squatteurs. Le contexte a empiré depuis le début de l’été avec la présence de ces individus en extérieur devant les bâtiments voisins. Les habitants n’en peuvent plus. Face à l’ampleur de la situation, une demande d’expulsion des occupants a été décidée et passera devant le tribunal. On vous explique la controverse.
Depuis plusieurs mois, l’appartement situé au 50 avenue des États-Unis, dans le quartier Barrière de Paris, est devenu un squat. La raison de cette occupation illégale est simple : un propriétaire est décédé sans que la succession ne soit clairement établie. L’appartement se retrouve donc géré par l’État. Et investi par une dizaine de squatteurs, entre « cinq et quinze » selon une voisine, située aux premières loges.
Selon elle, la dégradation de la situation remonte au tout début de l’été : « Les nuisances se sont accentuées à partir de la fin du mois de mai. Et elles sont de plusieurs types : on entend souvent hurler, de la musique très forte et on assiste à des bagarres. Surtout, il nous arrive d’observer depuis chez nous certains des squatteurs interpeller des passants, parfois avec insistance. Voire, pire, de les voir marcher nus dans la rue et déféquer, uriner ou vomir devant les bâtiments autour. » D’autant plus que l’emplacement du squat se trouve sur une avenue très fréquentée du nord de la ville.

La pétition lancée n’a rien donné
Indignés par la situation, cette même habitante et son frère ont lancé une pétition pour tenter de mobiliser le voisinage et se faire entendre auprès des institutions : la mairie qui s’occupe du traitement des déchets et l’État, qui gère la propriété, via la préfecture. « Pas suffisamment de personnes se sont engagées à travers cette pétition pour pouvoir faire bouger les choses » indique-t-elle. Dans le même temps, un groupe d’entraide créé sur Facebook permet aux habitants proches du squat de se mettre en lien. Tour à tour, plusieurs d’entre eux signalent des encombrants déposés sur la voie publique ou les insalubrités aperçues dans le hall de la propriété.
Quant aux déchets entassés, ils se retrouvent à encombrer la rue Frida Kahlo tant ils sont nombreux. Alors que le voisinage dénonce un amoncellement des ordures ménagères pas toujours évacué par la municipalité, la mairie de Toulouse répond : « Toulouse Métropole traite l’entassement des ordures ménagères deux fois par semaine dans ce quartier. Il est clair qu’il y a un problème à cet endroit, les équipes y travaillent pour trouver une solution pérenne. »
Un problème supplémentaire : le trafic de drogue
En plus des nuisances vécues par toute une partie de cette zone du nord de Toulouse, la voisine prétend apercevoir ce qui s’apparente à du trafic de stupéfiants : « Le matin, il m’est arrivé de voir ce qui ressemble à une transaction de drogue au pied de la résidence occupée. De même, on soupçonne de la prostitution au sein du squat. Plusieurs femmes se tiennent devant l’immeuble ou sur le trottoir alors qu’il y a énormément de passage à l’intérieur même de l’appartement. » Rien ne permet toutefois, à l’heure où nous écrivons ces lignes, de confirmer la présence de quelconque trafic à cet endroit.
Une demande d’expulsion traitée par la justice
Interrogée, la préfecture, en charge de ce dossier, nous a redirigés vers le tribunal judiciaire de Toulouse. Ce qui signifie que la situation qui entoure cette occupation illégale passera devant la justice. Selon nos informations, une demande d’expulsion de ces locataires irréguliers a été transmise au tribunal et serait donc jugée le 2 octobre prochain. Une date à confirmer par le tribunal. L’habitante interrogée souhaite quant à elle un retour à la normale : « Dans ma tentative de trouver des solutions, je veux, comme tout le quartier, retrouver de la quiétude. »














