La pelouse du Stadium de Toulouse s’est offert une vitrine nationale en apparaissant au journal télévisé de TF1. Face aux épisodes de chaleur de plus en plus intenses et à la nécessité de réduire la consommation d’eau, Toulouse Métropole a misé sur un robot arroseur doté d’intelligence artificielle, conçu par une start-up française. Un engin à 30 000 euros qui pourrait bien changer la façon d’entretenir les pelouses sportives.
Un gazon difficile à maintenir sous le soleil toulousain
Conserver un gazon vert et jouable tout l’été à Toulouse est loin d’être une évidence. Le Stadium de Toulouse, enceinte de 33 150 places installée sur l’île du Ramier et propriété de la Métropole, accueille aussi bien les matchs à domicile du Toulouse FC en Ligue 1 que certaines grandes affiches du Stade Toulousain en Top 14. Le terrain doit donc répondre à des exigences élevées, saison après saison.
Pour y parvenir, une équipe de 10 jardiniers permanents s’active au quotidien. Chaque matin, ils effectuent des relevés manuels du taux d’humidité pour adapter l’arrosage. Un travail minutieux, mais qui se heurte à une limite de taille : les systèmes d’arrosage classiques n’irriguent pas le terrain de façon homogène. Les zones à l’ombre des tribunes, ou celles dont les drains sont défectueux, finissent souvent sur-arrosées, tandis que d’autres secteurs manquent d’eau. Ajoutez à cela des étés de plus en plus chauds en Haute-Garonne et des restrictions d’eau de plus en plus fréquentes, et le défi devient sérieux.
Le robot B1 de BotsWeLove : comment fonctionne-t-il ?
C’est dans ce contexte que la start-up française BotsWeLove, fondée par Dominique Féral, a développé un robot d’arrosage autonome baptisé B1, breveté à l’international et fabriqué en France. Son principe est simple à comprendre, même s’il repose sur une technologie pointue.
Chaque soir, le robot sort seul sur le terrain et effectue 300 points de mesure à travers une sonde d’humidité embarquée, qu’il enfonce dans le sol à intervalles réguliers. À partir de ces données, il construit une carte d’humidité précise de l’ensemble du terrain. Le lendemain matin, les jardiniers peuvent consulter cette cartographie et savoir exactement quelles zones ont besoin d’eau, en quelle quantité et à quel endroit. Fini les estimations à l’œil, puisque les données sont accessibles depuis une interface web ou une application smartphone.
Quand le robot identifie une zone insuffisamment irriguée, il peut arroser lui-même dans un rayon de 2 mètres 40, grâce à son réservoir intégré de 400 litres. Son pilotage repose sur des algorithmes d’intelligence artificielle qui tiennent compte du sol, de l’ensoleillement, de l’humidité et de la température. L’engin travaille de jour comme de nuit, ce qui lui permet d’intervenir aux heures les plus favorables sans gêner les utilisateurs du terrain.
Côté tarif, la machine est proposée à 30 000 euros à l’achat, ou en formule de location à 500 euros par mois, une option qui permet aux collectivités d’y accéder sans immobiliser un capital important.
D’abord testé à Cugnaux, avant d’arriver au Stadium
Avant d’arpenter la pelouse du Stadium, le robot a fait ses premières armes à la plaine des sports de Cugnaux, commune de la périphérie toulousaine. C’est là, début août 2026, que la technologie a été présentée pour la première fois en conditions réelles, alors que la Haute-Garonne faisait partie des 88 départements français soumis à des restrictions d’eau liées à la sécheresse.
L’accueil a été immédiatement positif. Les responsables du complexe sportif de Cugnaux ont salué la capacité du robot à leur donner enfin un outil d’aide à la décision fiable, là où ils en étaient auparavant réduits à estimer les besoins en eau à vue. Le passage au Stadium de Toulouse a suivi naturellement, permettant à la technologie de gagner une visibilité bien plus large, jusqu’aux caméras du journal télévisé de TF1.
Jusqu’à 50 % d’économies d’eau à la clé
L’argument écologique est au cœur du projet, d’autant que les collectivités font face à une pression sociale et environnementale croissante autour de l’usage de l’eau. Selon BotsWeLove, le robot permet de réduire la consommation d’eau de façon significative, avec des économies pouvant atteindre 50 % par rapport à un arrosage conventionnel.
La logique est directe : en arrosant uniquement là où c’est nécessaire, et dans la juste quantité, on supprime le gaspillage lié à l’irrigation aveugle. Les zones en excès d’humidité posaient par ailleurs un autre problème, puisqu’elles favorisaient le développement de maladies du gazon comme le dollar spot, notamment en période de forte chaleur. Un terrain mieux géré, c’est donc aussi un gazon plus résistant sur la durée.
Si les résultats se confirment, le robot B1 pourrait à l’avenir rejoindre officiellement l’équipe des 10 jardiniers du Stadium, et s’imposer comme un outil standard pour l’entretien des pelouses sportives en Occitanie. Une technologie à surveiller de près pour toutes les communes de la région qui cherchent à concilier qualité sportive et sobriété hydrique.















