Alors que le sommet international du spatial se tient ces 9 et 10 septembre à Paris, une centaine de salariés du CNES montent à la capitale pour manifester ce 10 septembre à l’appel d’une intersyndicale. Une première dans l’histoire récente du centre national d’études spatiales.
Alors que le sommet international du spatial se tient ces 9 et 10 septembre au Grand Palais à Paris, une centaine de salariés du CNES, centre national d’études spatiales, montent à la capitale pour manifester ce 10 septembre (rassemblement 13h30 place de la République), à l’appel d’une intersyndicale rassemblant CFDT, CGT, CFTC et CFE-CGC.
Un appel « pour un spatial au service du bien commun »
L’établissement public à caractère industriel et commercial, a vu en juin dernier, son budget amputé de plus de 330 millions d’euros pour la période 2026-2028 rapportent le journal le Monde. Dans un communiqué, l’intersyndicale parle d’un montant encore plus élevé – 340 millions d’euros – et explique ne pas vouloir d’un CNES au service du « business spatial« . La CGT souligne qu’elle ne veut pas non plus d’un CNES au service de la « militarisation« . Les syndicats réclament un CNES « au service du bien commun« .
Le CNES est un des plus gros employeurs de Haute-Garonne. C’est à Toulouse que le centre – qui conçoit des satellites, qui a préparé et qui suit les expériences scientifiques de Sophie Adenot dans l’espace – concentre le plus grand nombre de salariés : 1.830 salariés sur 2400 salariés, les autres sont en Guyane et au siège à Paris.
Si des manifestants avaient déjà essayé de se faire entendre lors de la venue d’Emmanuel Macron à Toulouse en 2021, c’est la première fois, de mémoire de syndicaliste, qu’autant de salariés toulousains se donnent la peine de faire le trajet jusqu’à Paris pour manifester.
Ce qui met en colère les syndicats, c’est la coupe franche dans le budget du centre annoncée en juin dernier, ils ne digèrent pas non plus les 50 millions d’euros investis par l’état français dans un partenariat avec la startup américaine Vast Space, pour tester une station spatiale privée à orbiter autour de la Terre, et faire voler deux astronautes français dont Thomas Pesquet, « c’est l’équivalent du coût du projet spatial du satellite d’observation du climat, projet abandonné » dit la CGT.
L’intersyndicale parle de » financement de business spatial au détriment de l’écologie de la science« .
La CGT ajoute qu’elle ne veut pas d’un CNES au service de la militarisation – le commandement de l’espace avec ses 400 militaires est installé à Toulouse – et ces quatre dernières années, 3 flottes de 8 satellites ont été déployées pour renforcer les moyens spatiaux militaires français.
Eric Peschot est délégué syndical central CGT, il argumente : « Peut être qu’un autre spatial est possible. C’est à dire un spatial qui ne fasse pas la part belle aux start-up et aux entreprises privées et à des activités profitables à des entreprises privées, mais a des activités qui sont tournées vers les besoins humains, vers les réponses aux besoins de l’être humain sur cette planète aujourd’hui et qui soit moins productrice de polluants.«
Le syndicaliste précise : « Il est possible d’avoir une politique spatiale plus pacifique et pacifiste. Aujourd’hui, on est dans une course à la militarisation de l’espace et peut être qu’il y a une place pour la France, d’avoir une voix diplomatique pour appeler à ce que l’espace ne devienne pas un lieu de confrontation militaire généralisée. »
La direction du CNES a été sollicitée pour apporter son commentaire, elle n’est pour le moment pas revenue vers ICI Occitanie.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555











