Le deuxième ou troisième ligne toulousain a joué 80 minutes à La Rochelle et a été, pour la première fois, titulaire sous le maillot du Stade Toulousain. Découverte d’un joueur rude de 20 ans qui aime le combat d’homme à homme.
Roméo Bonnard Martin (20 ans ; 110 kg ; 1,96 m) a retrouvé sa tignasse qui le rend facilement reconnaissable. L’an dernier, il nous était apparu crâne rasé. La faute au classique bizutage pour un petit jeune qui arrive dans le groupe pro. Il est international U 18 (une tournée en Afrique du Sud) et U 20 (il a disputé une Coupe du monde). Formé au Pic Saint-Loup, il a rejoint le Stade lors de la saison 2022/2023 après avoir passé une saison à Tyrosse, il possède la chance de pouvoir être polyvalent (deuxième ligne ou troisième ligne) et vient de disputer 80 minutes à La Rochelle après avoir joué cinq matchs de Top 14 la saison dernière.
Ses ambitions
Comme tous les jeunes du club, l’ambition de celui qui est le fils de l’ancien international du Stade Français Rémi Martin, est de gagner de plus en plus de temps de jeu : « Je m’étais donné comme objectif dans l’été de jouer un premier match titulaire et ça s’est fait plutôt rapidement (NDLR : à La Rochelle). Et en plus, j’ai joué les 80 minutes, donc je suis vraiment très content. C’est vraiment une belle opportunité. »
Le combat d’homme à homme, sa force
Roméo a pu apprécier, dimanche soir, en direct sur la pelouse de Marcel-Deflandre, le plaquage de son coéquipier Emmanuel Meafou sur le Rochelais Davit Niniashvili. Le combat d’homme à homme et les plaquages, le gaillard en a fait sa spécialité : « C’est ce que j’aime le plus. C’est surtout parti de Tyrosse. Quand j’étais là-bas, j’avais vraiment zéro talent et je voulais le plus possible aider l’équipe. Et la manière que j’ai trouvée de l’aider, c’était défensivement. Donc c’est une force que j’aimerais développer encore et le combat d’homme à homme, c’est vraiment la chose qui me représente et que j’essaie de faire au mieux. Il y a de très bons joueurs défensifs dans cette équipe, donc j’essaie de m’inspirer le plus possible d’eux. Ainsi qu’au niveau des entraîneurs. »
Une blessure au dos qui lui a fait peur
Le joueur a connu une première année d’Espoir un peu compliquée avec une grosse blessure au dos.« Passer de Crabos à Espoir, c’est vraiment une étape, une marche vraiment haute. Et c’était une surcharge et j’ai connu une fracture de fatigue au niveau des vertèbres. Ce fut long avant qu’on diagnostique ce que j’avais. J’ai dû porter un corset pendant 4 mois et du coup ma saison a été bien écourtée mais j’ai pu quand même la finir. »Cette blessure a naturellement fait naître des craintes chez le jeune homme : « C’est un peu impressionnant. Ne serait-ce que porter un corset, ce n’était vraiment pas facile au quotidien. Et après, j’en ai parlé avec le groupe pro et j’ai découvert qu’il y en avait plein qui ont eu des problèmes au dos et qui ont des douleurs qui reviennent souvent. Il y a des joueurs qui arrivent à avoir quand même des carrières avec ces blessures au dos. Je n’ai plus trop de problèmes en ce moment. Je ne suis plus du tout inquiet. »
L’apport de Marc Dantin
Le Bigourdan qui a, entre autres, entraîné Tarbes et Colomiers a découvert Roméo en juniors Crabos au Stade et tient une place importante dans la formation rugbystique du joueur : « C’était mon premier entraîneur au Stade, celui avec qui j’ai gagné mon seul titre. C’est un entraîneur qui m’a beaucoup appris, qui m’a fait vite confiance parce que c’était un peu compliqué quand je suis arrivé. J’avais vraiment très peu de bases, très peu de rugby. Donc il m’a vite fait confiance, il m’a intégré au groupe. J’ai pu jouer, gagner un peu d’expérience et après cela m’a permis, je pense, de beaucoup m’améliorer. »
L’arrivée du petit frère
Il y a désormais deux Bonnard Martin au Stade puisque à l’intersaison, Jules (18 ans depuis le 9 juillet) a rejoint Roméo en provenance de Bayonne. Il évolue en première année espoir au poste de deuxième ligne. Enfin, quand on dit petit, c’est tout relatif puisque le petit frère dépasse déjà le grand frère en termes de taille. Désormais, le rêve de Roméo est de jouer avec son petit frère : « J’espère qu’on aura l’occasion de jouer ensemble. Parce qu’on n’a jamais pu le faire. On a deux ans d’écart, donc à chaque fois on se croisait dans les catégories. Mais moi je montais et lui aussi. Si ça se fait, je pense que ça serait une belle expérience. » Et une belle histoire aussi.














