Devant le collège Élisabeth-Badinter de Quint-Fonsegrives (Haute-Garonne), près de cinq cents élèves ont déposé cette semaine leurs smartphones dans d’étranges pochettes hermétiques magnétisées. L’établissement a déployé un dispositif inédit pour désamorcer les tensions numériques et déconnecter les téléphones. Couper brutalement les ados du monde virtuel : une expérience inédite. Elle commence et on vous l’explique.
En ce début septembre, la rentrée scolaire au collège Élisabeth-Badinter de Quint-Fonsegrives, au sud-est de Toulouse, s’effectue sous le signe de la sérénité et de l’innovation pédagogique. L’établissement accueille 618 élèves pour une capacité globale de 700 places. « Tous les professeurs sont là, aucun poste n’est vacant, ni chez les enseignants ni chez les surveillants », se félicite le principal, Serge Salah. Une situation qui s’accompagne de « l’ouverture d’une sixième classe de 3e« .
« Portable en pause »
Mais la véritable nouveauté réside dans la gestion des usages technologiques. Dans le cadre du dispositif « Portable en pause », la direction a choisi d’attaquer à la racine le problème de la distraction et du cyberharcèlement en instaurant des pochettes anti-ondes. Le principe est strict mais concerté : « Nous avons fait une rentrée sans portable », souligne Serge Salah. Il poursuit : « On a travaillé sur cette mesure l’année dernière avec les associations de parents d’élèves et les élèves. Nous avons donc refait le règlement ».
« Séparer physiquement le téléphone de l’enfant »
Face à l’interdiction légale et aux réalités des familles, la direction a trouvé une voie d’équilibre. « L’État ne peut pas interdire aux parents de donner un téléphone à leur enfant. S’ils leur en donnent un alors que c’est interdit, ils doivent être responsables du fait qu’il faut séparer physiquement le téléphone de l’enfant », analyse le principal. Résultat : 500 pochettes hermétiques aux réseaux (cellulaire, Wi-Fi, Bluetooth) ont été acquises par les familles pour un prix de 10 € l’unité. Bloqués dès l’entrée par un système d’aimants, les téléphones restent inactifs dans ces pochettes jusqu’à la sortie. « Notre objectif est de mesurer l’impact que cela aura », précise Serge Salah, qui guette une baisse des sanctions et des « tensions numériques ».
En visite dans la circonscription, Sophie Lamant, conseillère départementale, salue la démarche : « C’est intéressant. D’ailleurs, j’ai déjà constaté que des enfants disposaient d’un téléphone à l’école primaire », dit-elle.
Un projet pédagogique lié
Loin d’un rejet dogmatique du virtuel, la mesure s’accompagne d’une vraie pédagogie : l’établissement lance une web-TV et un studio d’enregistrement numérique. Parallèlement, la pause méridienne est restructurée autour d’ateliers culturels, complétée par une exigence accrue en cantine sur les repas sans produits ultra-transformés. Une fermeté bienveillante pour guider les citoyens de demain.
















