Un habitant de 75 ans de Saint-Sulpice-sur-Lèze, en Haute-Garonne, a été hospitalisé à Purpan après avoir contracté le virus West Nile, transmis par des moustiques. Ces dernières semaines, le nombre de cas signalés augmente en Haute-Garonne. Le virus, le plus souvent asymptomatique, peut entraîner dans de rares cas des complications neurologiques. Une information a été faite à destination des médecins généralistes dans le département pour qu’ils soient vigilants.
Le 22 août dernier, le père de Katie, un habitant de 75 ans de Saint-Sulpice-sur-Lèze, en Haute-Garonne, tombait gravement malade. Au départ, des symptômes qui ressemblaient étrangement à la grippe mais qui, en réalité, se sont avérés être une infection par le virus West Nile, connu sous l’appellation « Fièvre du Nil occidental ». Elle fait suite à une piqûre de moustiques, comme d’autres maladies infectieuses à l’instar du Zika ou du chikungunya.
Rares cas aux conséquences très graves
Et ce n’est pas le seul à présenter des symptômes ces dernières semaines. « Il y a une hausse du nombre de cas signalés. D’habitude, en Haute-Garonne, nous avons un cas recensé par mois. Là nous sommes plutôt à quelques cas par semaine. Il y en a eu à Saint-Lys, à Seysses il y a quinze jours, à Toulouse. Nous avons fait ce mercredi une information aux médecins généralistes pour qu’ils soient vigilants et qu’ils y pensent rapidement s’il y a des symptômes », indique Jean-Sébastien Dehecq, ingénieur sanitaire et entomologiste à l’Agence régionale de santé d’Occitanie.
Dans son dernier bulletin, publié le 6 septembre dernier, Santé publique France faisait état de 56 cas autochtones d’infection au virus West Nile en France hexagonale, soit 17 cas de plus que la semaine précédente, dont trois en Haute-Garonne. À n’en pas douter, le bilan qui doit paraître ce mercredi fera apparaître des chiffres en hausse.
Pas de transmission entre hommes
Dans 80 % des cas, l’infection passe inaperçue. Dans d’autres, il y a de la fièvre, des maux de tête ou des douleurs musculaires. Comme pour la grippe. Et dans 1 % des cas, des conséquences neurologiques.
« Ce sont des cas rares, ce n’est pas de bol quand un humain est atteint. En effet, il faut que le moustique Culex quinquefasciatus pique un oiseau migrateur, porteur de la maladie, et que celui-ci pique ensuite un humain. Il se transmet donc accidentellement aux hommes et aux chevaux par l’intermédiaire de moustiques, mais il ne peut pas y avoir de transmission entre humains », rassure Jean-Sébastien Dehecq.

Les moustiques qui sont porteurs de ce virus préfèrent piquer les oiseaux migrateurs dans les arbres que les humains, et plutôt la nuit. Mais dans les zones résidentielles et urbaines, il y a plus d’hommes que d’oiseaux migrateurs, c’est peut-être pour cela qu’il y a des cas en ce moment. Le moustique Culex apprécie aussi les gravières autour de la Garonne et surtout, en ce moment, les conditions sont bonnes : la température est optimale pour son développement.
Pas de psychose non plus, le nombre de signalements de cas graves est faible, « mais il y a un point de vigilance pour qu’ils puissent être le plus rapidement signalés », conclut l’ingénieur sanitaire de l’ARS.

















