Depuis le dimanche 6 septembre 2026, une vingtaine de caravanes de gens du voyage occupe illégalement le terrain d’entraînement du club de football de Fonbeauzard, en Haute-Garonne, après que la clôture a été sciée pour permettre l’accès au site. C’est la quatrième année consécutive que cette commune de Toulouse Métropole vit la même situation, et la deuxième fois en quelques mois à peine.
Un accès forcé malgré les protections renforcées
La municipalité de Fonbeauzard ne s’était pas laissée prendre de court. Après les occupations des années précédentes, elle avait pris soin de condamner le portail, de renforcer la clôture et d’installer des blocs de protection autour du terrain.
Des précautions qui n’ont pas suffi. Dans un message publié sur ses réseaux sociaux le lundi 14 septembre, la mairie décrit comment les Citoyens Français Itinérants (CFI) ont contourné l’ensemble de ces dispositifs : un potelet et deux poteaux de clôture ont été sciés, et plusieurs grilles ont été retirées pour libérer un accès au site. Une vingtaine de caravanes stationne désormais sur la pelouse en herbe du terrain d’entraînement, sans autorisation.
Déjà là au printemps, de retour à la rentrée
Ce qui rend la situation particulièrement difficile à accepter pour la commune, c’est son caractère répétitif. 2026 marque la quatrième année consécutive que ce même terrain est occupé illégalement, mais c’est aussi la deuxième fois en l’espace de quelques mois : les gens du voyage s’y étaient déjà installés d’avril à juin 2026, là encore après avoir scié la clôture pour entrer. Ils avaient quitté les lieux en juin, puis sont revenus dès le début du mois de septembre, sitôt la rentrée passée.
L’année précédente, en 2025, l’occupation avait duré trois mois. C’est précisément ce cycle que la mairie résume en parlant d’un “véritable éternel recommencement” : malgré les mesures prises pour sécuriser et protéger le site, les installations municipales se retrouvent une fois de plus dégradées et occupées sans autorisation.
Un club et ses jeunes joueurs en difficulté
L’occupation ne pénalise pas seulement la commune sur le plan matériel, elle perturbe aussi directement la vie du club de football local. Le terrain d’entraînement de Fonbeauzard est en effet utilisé aussi bien par l’équipe fanion que par les plateaux de l’école de football, qui accueillent les plus jeunes licenciés. Lors de la première occupation du printemps, le club avait dû se réorganiser en urgence et avait été contraint d’annuler un tournoi prévu en juin.
Avec ce nouveau retour dès la reprise de la saison, c’est à nouveau toute la structure qui se retrouve perturbée, au moment même où les entraînements reprennent et où les premières rencontres de la saison approchent.
La mairie dépose plainte et saisit la préfecture
Face à cette situation, la mairie de Fonbeauzard a engagé les démarches disponibles. Elle a déposé plainte auprès de la gendarmerie et transmis un dossier à la préfecture afin de solliciter l’ouverture de la procédure administrative d’évacuation.
Ce dispositif, prévu par la loi du 5 juillet 2000 relative à l’accueil et à l’habitat des gens du voyage, permet au préfet de mettre en demeure les occupants de quitter les lieux et, le cas échéant, de procéder à leur évacuation forcée, sous certaines conditions. Une procédure qui implique toutefois des délais administratifs souvent incompressibles, laissant la commune dans l’attente pendant plusieurs jours, voire davantage, pendant que le terrain reste occupé.
Un phénomène récurrent dans toute la métropole toulousaine
Fonbeauzard n’est pas la seule commune de l’agglomération à connaître ce type de situation. À Fonsorbes, au sud-ouest de Toulouse, le maire avait lui aussi dû faire face en juin 2026 à une occupation illégale sur le complexe sportif de la commune, qualifiant le phénomène de “fléau” et réclamant des réponses politiques plus efficaces.
La problématique est régulière dans le secteur : Tournefeuille et Plaisance-du-Touch avaient déjà vécu des épisodes similaires en 2024, avec à chaque fois des dispositifs anti-intrusion endommagés pour permettre l’accès aux terrains. Pour les clubs amateurs et les communes de la métropole qui voient leurs infrastructures sportives régulièrement paralysées en début ou en fin de saison, la question de procédures d’expulsion plus rapides et plus dissuasives reste posée depuis des années, sans réponse vraiment satisfaisante à ce jour.












