Ce mardi matin, le tribunal correctionnel de Toulouse jugeait trois jeunes de 19 ans pour une agression d’une rare violence survenue le 17 mars dernier. Ce soir-là, une fête étudiante s’est transformée en un déchaînement de coups de poing, de coups de pied et de jets de chaises. Léo et Jérémy, deux amis venus célébrer entre camarades, sont ressortis de cet enchaînement d’altercations avec de lourdes séquelles physiques et d’importants traumatismes psychologiques. Face aux versions contradictoires des prévenus, la justice a tranché.
Des chaises qui volent et se fracassent sur deux étudiants : la soirée du 17 mars 2026 a viré au cauchemar place de l’Estrapade, à Toulouse. Entre les pluies de coups de pied, de poings et la douloureuse sensation du bois brisé sur leur dos, Léo et Jérémy ont vécu un enfer. Loin de la fête improvisée qu’ils imaginaient en rejoignant leurs camarades dans le centre-ville toulousain. Trois jeunes hommes de 19 ans comparaissaient ce mardi matin devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour « violences commises en réunion suivies d’une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à 8 jours ». Une des victimes a eu le nez et la mâchoire brisés ainsi que plusieurs dents arrachées.
L’engrenage fatal de la rue
Tout commence le 17 mars. La nuit est à peine tombée lorsqu’un groupe d’étudiants se retrouve place Saint-Pierre. La soirée est arrosée, avant que ces jeunes fêtards prennent la direction d’un autre bar, le Cacahuète. « Au cours de la soirée, Léo, vêtu d’un costume, s’est écarté pour téléphoner. Il a croisé la route de 6 ou 7 personnes. Il a été bousculé et il a eu le tort de répondre. Fallait-il qu’il se mette à genoux en implorant leur pardon ? », ironise Léo Macaigne, avocat des parties civiles. Une première bagarre a éclaté. « J’ai rien vu. C’était la pagaille. Oui il y a eu des coups mais je crois que des gens extérieurs se sont greffés à la rixe », assure un des prévenus. Le jeune homme de 19 ans, qui a déjà un précédent avec la justice, se dit étranger aux violences. Léo a réussi à s’échapper pour appeler un ami dans le bar. « Ils ont été roués de coups au sol. Certains ont frappé à l’aide de chaises. C’était extrêmement violent ». Une troisième et ultime agression survient quelques minutes plus tard, lorsque les victimes croisent à nouveau la route de leurs agresseurs à proximité d’une station de métro.
Une peur durable et des versions opposées
« Mes clients et leurs familles vivent dans une grande inquiétude. La peur de représailles, la peur de sortir, de laisser de la liberté. Cet événement a laissé beaucoup de traces », enchaîne Léo Macaigne. De leur côté, les prévenus tentent de minimiser leur responsabilité. « C’est eux qui nous ont provoqués sur le pont de Saint-Cyprien. Nous voulions simplement profiter entre amis », promet l’un d’eux. « Cela n’explique en rien le déchaînement de violences. Et votre version est invérifiable », assure le président de l’audience. Le procureur cherche le moindre faux pas dans les déclarations pour prouver la culpabilité des prévenus. « C’est une telle confusion qu’il sera difficile d’établir le rôle de chaque protagoniste », estime Me Thomas Hérin Amabile, en défense.
Le sursis prononcé par le tribunal
Le procureur requiert 8 à 12 mois de prison pour le trio, assortis de plusieurs obligations. Après les plaidoiries de la défense, qui ont insisté sur le bénéfice du doute, ils sont condamnés à 6 mois de sursis avec une interdiction d’entrer en contact avec les victimes.















