Treize ans après sa mise en examen pour « escroquerie en bande organisée », l’ex-homme d’affaires toulousain, Mike Layani, sera jugé en correctionnelle, au palais de justice de Bordeaux, du 1er au 5 février 2027. Il est soupçonné d’avoir organisé une vaste fraude à la crevette brésilienne pour un préjudice de 20 millions d’euros, entre 2009 et 2014. Une affaire qui avait fait plus de 200 victimes.
La justice finit toujours par passer. Même treize ans après, les dossiers financiers complexes refont toujours surface un jour ou l’autre. L’affaire Layani, du nom de cet ancien homme d’affaires toulousain mis en examen en 2014, en est la parfaite illustration.
Marcial Layani (dit Mike), Franco-Américain de 58 ans, soupçonné d' »escroquerie en bande organisée » dans une affaire financière retentissante, au milieu des années 2000, sera finalement jugé du 1er au 5 février 2027, en correctionnelle, au palais de justice de Bordeaux. Quatre autres proches de Marcial Layani, âgés de 53 à 78 ans, sont également poursuivis pour « exercice illégal de l’activité de conseil en investissements financiers », « escroquerie en bande organisée » et « participation à une association de malfaiteurs ».
Entre 2009 et 2014, Marcial Layani, homme d’affaires à la tête de plusieurs sociétés et directeur de l’hebdomadaire « Le Journal toulousain », propose, via des intermédiaires de confiance, des placements juteux à hauteur de 200 % de gains, en investissant dans l’élevage de langoustes et de crevettes, au Brésil.
« Des investisseurs qui avaient fait confiance »
Retraités, commerçants, fonctionnaires, plus de 200 investisseurs cherchant à faire fructifier leur bas de laine, se sont laissés séduire par l’aura et les beaux discours de l’entrepreneur. Mais les investigations des policiers du SRPJ de Toulouse, sous la houlette de la juridiction interrégionale spécialisée de Bordeaux, mettent au jour un système pyramidal de fraude présumée. Au fil des mois, les clients démarchés, dont certains avaient investi près de 600 000 € dans ces fermes d’élevage brésiliennes, n’ont pas reçu les bénéfices mirifiques annoncés. Les premiers investisseurs ont pu récolter le produit de leur placement grâce à l’arrivée d’autres souscripteurs. Mais lorsque la source des nouveaux entrants s’est soudainement tarie, les gains n’étaient plus au rendez-vous et des dizaines de souscripteurs se sont retrouvés lésés. C’est ce système à la Ponzi qui a été mis en évidence par les enquêteurs. « Ces investisseurs avaient fait confiance au départ et un grand nombre d’entre eux voulaient placer leur héritage dans des investissements qu’ils croyaient honnêtes », témoigne l’avocat toulousain, Serge D’Hers, qui représente une vingtaine de victimes.
De son côté, Marcial Layani a toujours réfuté ces accusations. Des problèmes liés à la conversion de devises étrangères en dirhams, puisque les sommes investies transitaient par le Maroc, auraient retardé le versement des gains des souscripteurs. Mike Layani s’est toujours défendu de toute escroquerie estimant que son arrestation ne lui a pas permis de régulariser la situation. Il a toujours invoqué « des blocages administratifs et des difficultés de trésorerie ». Son avocate, que nous avons tenté de joindre, n’a pas donné suite à nos appels.
L’instruction de ce dossier complexe a pris du temps car des suspects ont été interpellés ces dernières années. Notamment un homme de 78 ans, décrit comme le « comptable » du montage financier. Cet homme, originaire de Dordogne, faisait l’objet d’un mandat d’arrêt. Il a été interpellé après l’utilisation de sa carte Vitale pour régler une prescription médicale.
Au total, cette affaire a fait plus de 200 victimes, en France, en Corse et en Italie, pour un préjudice estimé à 20 millions d’euros.















