Six mois après la disparition d’Angela en Aveyron, son père Jérôme Legobien-Cadillac témoigne ce mardi sur la radio ICI Occitanie. Il réclame le rapatriement en France de Cédric Prizzon, le suspect incarcéré au Portugal, et demande un renforcement législatif pour lutter contre le masculinisme.
Six mois après la disparition et le meurtre tragique d’Angela en Aveyron, son père mène un combat acharné pour que sa mémoire soit honorée et que cette affaire ne tombe pas dans l’oubli. « Ce qui me pousse c’est qu’on n’oublie pas cette affaire déjà comme ça et pour faire vivre sa mémoire, faire vivre la mémoire d’Audrey aussi, qui a été tuée en même temps, et surtout aussi dire qu’il faudrait rapatrier Cédric Prizzon en France » détaille Jérôme Legobien-Cadillac.
Exprimant une profonde douleur doublée d’une colère, il exige que la lumière soit faite sur les circonstances de ce féminicide tout en réclamant avec force le rapatriement en France du suspect principal, Cédric Prizzon, actuellement incarcéré au Portugal. « On est surtout en colère, après combatif, on le sera toujours, ça il n’y a pas de souci. Mais c’est surtout de la colère qui prédomine parce qu’on ne comprend pas le comportement du Portugal qui ne veut pas entendre ce qu’on va dire à la famille et la justice française. »
L’incompréhension
La perspective d’un procès se déroulant au Portugal suscite une vive incompréhension et une anxiété majeure pour la famille endeuillée, qui souligne l’absence de preuves matérielles directes de l’homicide dans ce pays. Jérôme Legobien-Cadillac ne décolère pas : « Les seuls faits qui lui seront reprochés, si je reviens sur sa parole, c’est le fait de les avoir enterrés là-bas. Ils n’ont aucune preuve qu’il les a tuées là-bas, ils n’ont rien. Ils n’ont pas un début d’affaire là-bas, ils ont juste deux corps, et Cédric. Elles ont été enlevées en France, du moins Audrey, elle a été enlevée en France. »
Les proches craignent un parcours judiciaire doublement éprouvant en raison de la barrière de la langue et de l’éloignement, les privant de la possibilité de regarder le suspect en face lors des audiences. « Pour nous ça change. On va aller dans un pays où on n’en comprend pas la langue ou le procès va être encore plus dur parce qu’ils vont faire appel à des traducteurs. Le temps qu’ils parlent, le temps qu’elles se soient retransmises, ça va être deux fois plus éprouvant. Et après, nous, ce qu’on veut, c’est qu’il regarde en face les gens qui ne pourront pas se déplacer au Portugal, qu’il soit en France, pour les regarder dans les yeux, pour voir le mal qu’il a fait à tout le monde, à la famille, aux amis, à tous ceux qui connaissent Angela et qui seront ici et pas là-bas. »
Racisme anti-femme
Au-delà de la douleur personnelle, le père de la victime pointe du doigt les dérives de la mouvance masculiniste et anti-féministe perçue sur les réseaux sociaux du suspect. « Ah oui, ça c’est intolérable, c’est le masculinisme, moi j’associe ça à du racisme anti-femme, c’est juste ça. » Il appelle donc à un durcissement législatif similaire à celui existant contre le racisme pour sanctionner et faire taire ceux qui prônent de tels discours. « Ce sont des hommes qui ne supportent pas les femmes qui ne les aiment pas et pour moi oui on devrait faire une loi au même titre que le racisme. On devrait faire une loi pour les enfermer ces mecs là pour leur couper la parole tout simplement et ils n’ont aucun droit de parler comme ça des femmes ; je veux dire ils ont bien eu un jour une femme qui a été la personne la plus importante de leur vie… Je vois pas qu’est-ce qui les a fait vriller à un moment donné. »
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555













