Porteur du projet de loi sur la gratuité du stationnement dans les hôpitaux, Stéphane Hablot, député de Meurthe-et-Moselle, était en visite à Toulouse pour échanger avec la direction du CHU. Il en est ressorti convaincu par le modèle toulousain, capable, selon lui, de régler le problème des voitures-ventouses tout en plafonnant les tarifs. Alors que le projet de loi n’est pas encore passé devant le Sénat, il espère même l’élargir aux cliniques privées.
Le CHU de Toulouse pourrait-il devenir un exemple sur la question du stationnement payant dans les hôpitaux ? C’est le message transmis, en substance, par Stéphane Hablot, député socialiste de la deuxième circonscription de Meurthe-et-Moselle, porteur d’une proposition de loi visant à la gratuité des parkings des hôpitaux publics pour les patients, les visiteurs et les salariés sur leur temps de travail.
Ce jeudi 24 septembre, dans le cadre de sa tournée des hôpitaux français, il a rencontré le directeur général du CHU de Toulouse, les responsables de sites ainsi que la représentante des usagers de l’hôpital. Il en est ressorti séduit par le modèle toulousain. « Je suis bluffé, le CHU de Toulouse a réussi à réguler le stationnement en proposant un tarif journée à 1,80 € pour les patients et propose des forfaits au mois ou à l’année pour les venues régulières. La gratuité ou 2 €, c’est symbolique parce qu’on reste dans le raisonnable », résume Stéphane Hablot qui va jusqu’à déclarer, « notre loi transpartisane doit prendre exemple sur ce qui se fait à Toulouse où, d’après ce que j’entends, il n’y a pas de retour négatif des usagers. Ce qui est proposé ici peut aider à améliorer notre loi ».

Le projet de loi a été adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 29 janvier 2026. Dans un courrier daté du 22 septembre, adressé aux présidents des groupes parlementaires, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, indique que le Sénat examinera prochainement le texte pour qu’il « entre dans le quotidien des Français ».

« Si la gratuité est exigée, elle va nous coûter »
Mais doit-on vraiment parler de gratuité totale ? Celle-ci serait-elle soutenable pour les hôpitaux ? « Si elle est exigée, elle va nous coûter », glisse Abdel Gaidi, directeur du pôle Patrimoine et ressources opérationnelles au CHU de Toulouse. Depuis 2023, les parkings sont exploités en régie directe, le CHU a mis fin au contrat avec l’opérateur privé Effia et se charge du fonctionnement et de la maintenance avec huit salariés. « Les recettes couvrent les dépenses et une petite marge de 10 000 € permet de financer les travaux de voirie », explique Abdel Gaidi.
« J’ai conscience de tout ça. La gratuité totale ne peut pas exister, les usagers sont dans l’ensemble d’accord pour participer, à condition qu’on ne les piège pas. Notre projet de loi propose la gratuité pour les deux premières heures et qu’il n’y ait pas de bénéfices. Dans cet hôpital, les prix sont raisonnables (75 % des usagers ne payent pas plus de 4 €), les parkings sont en régie directe, il n’y a pas trop de dégradations et les associations qui interviennent auprès des malades n’ont pas à payer », complète le député Stéphane Hablot.
« J’aimerais que la loi s’applique aussi aux cliniques privées »
Pour rappel, la mise en place d’un stationnement payant sur les sites hospitaliers de Purpan en 2017 et Rangueil en 2022 répondait au besoin de mieux contrôler les flux en réservant l’utilisation des sites aux usagers du CHU. La chasse aux « voitures-ventouses » a permis plus de fluidité sur des plages horaires particulièrement chargées.
Dans l’agglomération toulousaine comme ailleurs, la question du stationnement payant sur les sites hospitaliers ne se limite pas au CHU. Depuis plusieurs années, les cliniques du groupe Ramsay, à L’Union, Cornebarrieu (clinique des Cèdres) et Quint-Fonsegrives (Croix du Sud) font payer leurs usagers, alors même que la problématique des voitures-ventouses n’est pas un sujet dans ces secteurs éloignés du centre-ville. Le mois dernier, Marie France, retraitée toulousaine, a payé 37,6 euros de parking pour pouvoir visiter son époux, hospitalisé pendant une semaine à la clinique des Cèdres. « Pour nous ça n’était pas une difficulté, mais pour des personnes aux revenus modestes ça l’est. Lorsqu’on paie pour pouvoir accompagner un proche, c’est un peu limite au niveau éthique », témoigne-t-elle.
« J’aimerais que la loi s’applique aussi aux cliniques privées. Il faut élargir, parce qu’on ne peut pas faire du commerce sur la dignité. Mais, je sais bien qu’au Sénat, le lobbying du secteur privé pourrait jouer et faire retoquer la loi, alors, pour l’instant, le texte ne le prévoit pas », avoue en toute franchise Stéphane Hablot.














