En onze ans, Mick Athias a fait du festival Pink Paradize un rendez-vous qui ne ressemble à aucun autre, capable d’attirer de grands noms, tels que Chilly Gonzalez et Paul Kalkbrenner, à la Halle de la Machine. À l’heure où le festival s’étire désormais sur plusieurs mois, de l’été au Poney Club jusqu’au Mecanik Paradize, son fondateur raconte ses choix, ses coups de cœur, les cachets qui flambent et cette volonté farouche de rester indépendant financièrement. Interview sans tabous.
Le Festival Pink Paradize s’étend sur plusieurs mois désormais : on a vu de belles dates cet été au Poney Club – Moby, Jean-Michel Jarre, Amélie Lens -, ca redémarre jeudi 1er avec la Colonie de vacances au Bikini. S’agit-il d’un festival en perpétuelle expansion ?
Il n’y a jamais eu une ligne éditoriale claire, donc ça change souvent ! Maintenant, c’est plutôt devenu une saison, vu qu’on collabore beaucoup avec le Poney Club. Et on va continuer comme ça l’an prochain. Donc on peut dire que le Pink Paradize commence tout l’été au Poney Club et finit à la Halle de la Machine en octobre, avec le Mecanik Paradize.

Quels sont les temps forts ce mois d’octobre ?
La Colonie de vacances au Bikini (1er octobre), Puppetmastaz au Metronum (2 octobre), c’est vraiment quelque chose que j’aime beaucoup. Ils ont refait un album, c’est une chouette date pour les petits et les grands. Samedi 3 octobre, il y a Didier Super, Ludwig von 88 et les Vulves Assassines au Bikini, ça va être complet aussi. On fait toujours une session au Théâtre de la Cité, cette fois-ci avec le chanteur Raphaël, une création un peu autobiographique où il va chanter, avec une installation vidéo.
On finit sur la Mecanik Paradize : le jeudi 8, la soirée groove avec Selah Sue, Caravan Palace et Purple Disco Machine. Le vendredi 9, Paul Kalbrenner, c’est complet, aussi, il ne faut pas espérer trouver des places ! Samedi, c’est une soirée techno, hard techno. Et dimanche après-midi, du théâtre de rue gratuit devant la Halle. Il y a aussi Chilly Gonzales (le 26 octobre à la Halle de la Machine), que je voulais programmer depuis très longtemps. C’est complet depuis six mois déjà.
Onze ans d’autoproduction, c’est une fierté, mais est-ce aussi une contrainte économique ?
Ce n’est pas si compliqué, parce que, déjà, il y a très peu d’argent public maintenant. Il n’y a pas de compte à rendre, et qui dit festival indépendant à 100% dit indépendance de travail. Donc c’est plutôt facile à vivre. Ca ne met pas dans un confort qui se perd à un moment et ça suscite des choses qui sont plutôt pragmatiques.
Après onze éditions, qu’est-ce qui vous amuse encore ? Et qu’est-ce qui vous fatigue ?
J’adore inviter des artistes que j’aime écouter, les faire venir à Toulouse dans le cadre de mon festival. J’ai la chance de tous les rencontrer, je suis le seul à avoir le privilège de boire un coup avec eux. Ce qui me fatigue ? Le prix des cachets exorbitants des artistes. Je ne m’en cache pas, il y a des choses qui deviennent indécentes, des requêtes matérielles et personnelles.
Vous employez souvent les mots « hybride », « coloré », « hédoniste », « transdisciplinaire ». Qu’est-ce que le Pink Paradize ne voudrait surtout pas devenir ?
Je ne voudrais surtout pas devenir variété, mainstream et dépendant, avoir besoin de l’argent public.
La Halle de la Machine est devenue un décor emblématique du Pink Paradize. Qu’est-ce que ce lieu vous permet de faire que vous ne pourriez pas faire ailleurs ?
Ça me permet d’avoir une scénographie unique au monde et de collaborer avec François (Delaroziere, le directeur artistique de la Compagnie La Machine). Ce qui n’est pas donné à tout le monde.J’ai la chance d’avoir des machines pour la scénographie, ce qui fait de la clôture du festival un événement unique au monde pour le public, les artistes et les artistes. C’est l’apogée du Pink Paradize : on mélange théâtre de rue, performances, effets, machines, scénographie et musique.













