Fuir, se mettre à l’abri et tenter de reconstruire sa vie. À Colomiers, près de Toulouse, huit appartements vont prochainement permettre à des femmes victimes de violences conjugales ou intrafamiliales de quitter leur situation et d’être accompagnées. Le dispositif Appart’T vient d’être inauguré en ce mardi 29 septembre et doit accueillir ses premières bénéficiaires dans les prochains mois.
Accompagner les femmes victimes de violences, c’est la volonté affichée par la ville de Colomiers. Depuis plusieurs années, la commune multiplie les dispositifs pour aider ces femmes : détection, écoute, dispositif Angela… Et en cette fin septembre 2026, une nouvelle étape vient d’être franchie avec l’inauguration d’Appart’T, un ensemble de logements dédiés aux femmes victimes de violences conjugales ou intrafamiliales.
Huit appartements pour les victimes
Au cœur de l’ancienne école Paul-Bert, à cinq minutes en voiture de la mairie, les anciens logements des enseignants vont bientôt accueillir des femmes victimes de violences. Huit appartements ont été aménagés pour leur permettre de fuir leur situation et de commencer à se reconstruire. « Il y a huit logements avec des volumes généreux, des T3, des T4. On reconnaît la touche d’IKEA, ce sont eux qui, bénévolement, ont pris le projet en main et imaginé et conçu les aménagements », raconte la maire de Colomiers, Karine Traval-Michelet.

Un projet porté depuis plusieurs années par l’élue. « J’avais une volonté féminine et une sensibilité particulière, car quand on est une femme et qu’on mesure le niveau de violence que subissent ces femmes et qu’on voit tout ce qu’on doit faire, on se sent encore plus concernée », explique-t-elle.
Une solution face aux violences
Ces appartements répondent à un constat : pour les femmes victimes de violences, la mise à l’abri reste une étape essentielle, mais difficile à mettre en place. « Quand on est victime, c’est l’instinct de survie qui dicte avec la mise en sécurité. Certaines femmes ne sont pas toujours prêtes à quitter le domicile parce qu’il y a les enfants, un contrôle coercitif et surtout pas de porte de sortie », indique Lucie Kletke, directrice de France Victimes 31.
Appart’T doit ainsi servir d’espace de transition. « Le principe de cet espace permet de laisser le temps aux victimes de pouvoir construire une suite plus pérenne. Là, elles vont avoir le temps de se poser, d’être accompagnées et, à travers ça, de se réparer et de se reconstruire », souligne-t-elle.

Comment ça fonctionne ?
Si le dispositif vient tout juste d’être inauguré, il faudra encore attendre quelques mois avant que les premières femmes puissent intégrer les logements. « Nous attendons de recruter les deux travailleurs sociaux. Ce sont eux qui identifieront les personnes et les situations qui auront le plus besoin de ces appartements. Ce sera aux alentours de décembre ou janvier », indique la maire. Pour intégrer Appart’T, les femmes victimes de violences devront présenter leur dossier à une commission pilotée par le Centre communal d’action sociale et de santé.
Une fois sélectionnées et accueillies, les victimes bénéficieront d’un accompagnement au quotidien. « Comment je mets mes enfants à l’école, comment je me déplace, comment j’accède à mes droits, comment je me projette plus tard dans un logement autonome… », détaille Karine Traval-Michelet.
Les femmes pourront rester jusqu’à six mois dans ces appartements, avec la possibilité de renouveler leur séjour une fois, dans le cadre d’un contrat d’accompagnement. L’objectif : leur permettre de se mettre à l’abri, de retrouver une stabilité et de préparer progressivement la suite.
Les violences faites aux femmes en chiffres
La directrice de France Victimes 31 rappelle que l’association « accueille entre 7 500 et 8 000 personnes victimes de violences de tout type chaque année en Haute-Garonne, dont 45 % de violences intrafamiliales. Parmi elles, 80 % concernent des violences conjugales et 90 % des victimes sont des femmes. Quant aux enfants, ils sont également considérés comme des victimes, avec des dommages qui restent encore trop souvent mal pris en charge ».











