Le blocage du lycée Stéphane-Hessel, à Toulouse, a basculé dans les violences ce jeudi matin. Incendies, dégradations, tirs de mortiers et affrontements avec les forces de l’ordre ont rythmé plusieurs heures de tension, en présence de nombreux jeunes extérieurs à l’établissement.
À quelques mètres des grilles du lycée Stéphane-Hessel, dans le quartier de la Roseraie, une épaisse fumée noire monte déjà dans le ciel toulousain. « Ça brûle de partout… », lâche un jeune devant l’établissement, visiblement saisi par l’ampleur des flammes. Il est encore tôt, ce jeudi 1er octobre, lorsque plusieurs centaines de personnes se rassemblent devant le lycée. Des poubelles sont incendiées. Puis, très vite, la situation change de dimension.
L’accueil du lycée est pris pour cible. Les premières dégradations laissent bientôt place à un important départ de feu. Vers 10 heures, la loge située à l’entrée de l’établissement cède à son tour et les flammes commencent à gagner l’intérieur. Sur place, lycéens comme enseignants font le même constat : parmi la foule se trouvent de nombreux jeunes extérieurs à Stéphane-Hessel, venus se greffer à la mobilisation.
La police arrive, les affrontements commencent
Durant plus de deux heures, aucun policier n’est visible devant le lycée. Puis, vers 10h30, trois véhicules de police arrivent rapidement sur les lieux. La confrontation débute presque immédiatement. Des projectiles et des tirs de mortiers d’artifice partent en direction des policiers, qui répliquent avec des grenades lacrymogènes. La fumée de l’incendie se mélange alors aux gaz.
Le gros des lycéens finit par quitter les lieux. Une partie des jeunes reste cependant devant l’établissement et poursuit les dégradations. À 11 heures, les affrontements continuent encore. Une quinzaine de minutes plus tard, au moins un jeune est interpellé.
La scène la plus singulière de cette matinée survient vers 11 h 45. Après plus d’une heure de face-à-face, plusieurs jeunes se précipitent soudain vers les policiers qu’ils affrontaient quelques instants auparavant. Paniqués, ils leur demandent de l’aide : une lycéenne vient de s’effondrer à proximité. Restée au sol plusieurs minutes, elle est finalement prise en charge par les secours. Les circonstances exactes de son malaise n’étaient pas encore établies.La tension finit par retomber aux alentours de midi. Deux jours plus tôt, Stéphane-Hessel avait déjà été touché par les blocages. Des membres du personnel avaient alors été pris pour cible et victimes de violences, des faits condamnés par le recteur de l’académie de Toulouse, Karim Benmiloud.
Des tensions dans toute la ville
Stéphane-Hessel est loin d’avoir été le seul point chaud de la matinée à Toulouse. Aux Arènes et devant Déodat-de-Séverac, plusieurs centaines de jeunes se sont rassemblés tandis que des affrontements opposaient manifestants et forces de l’ordre. Des incidents et départs de feu ont également été signalés autour des lycées Bellevue, Ozenne, Gallieni ou encore Roland-Garros.
Ces mobilisations, organisées sur fond de revendications concernant notamment les moyens dans l’Éducation nationale et le manque d’enseignants, ont fortement perturbé les déplacements. Le tramway T1 a notamment été interrompu sur une partie de son parcours et plusieurs lignes de bus ont été coupées ou déviées.















