Sandrine veut récupérer la voiture de son père décédé, enlevée le 17 septembre à La Salvetat-Saint-Gilles, près de Toulouse. Mais une carte grise égarée, un contrôle technique à réaliser et les accords réclamés aux héritiers compliquent ses démarches : son frère est à l’étranger et sa sœur est décédée. Prête à régler les frais de fourrière, elle dénonce une situation ubuesque et redoute la destruction de ce souvenir familial. On vous raconte.
Elle veut payer les frais, récupérer la voiture et conserver un souvenir de son père. Mais depuis son enlèvement pour stationnement gênant, le 17 septembre à La Salvetat-Saint-Gilles, près de Toulouse, Sandrine Kaps a le sentiment de se heurter à un mur.
« Je veux bien payer la fourrière, je comprends bien, il n’y a pas de souci là-dessus », insiste-t-elle. Elle redoute pourtant que le véhicule ne parte à la destruction rapidement, comme le lui a laissé entendre la municipalité.
1200 euros de réparations effectuées
Selon son récit, la succession de son père a été clôturée en juillet 2026. Avec l’accord de son frère, assure-t-elle, elle fait alors transporter la voiture depuis l’est de la France jusqu’à la région toulousaine, où travaille son compagnon. Après trois années sans rouler, le véhicule doit être réparé avant de passer le contrôle technique.
Son compagnon règle une facture de 1 200 euros, puis gare la voiture près de son travail, dans l’attente d’un rendez-vous pour le contrôle. C’est là qu’elle est enlevée.
L’accord de tous les héritiers réclamé
Sandrine affirme avoir transmis l’assurance du véhicule, les documents de succession, des pièces d’identité et une photocopie de la carte grise. L’original, au nom de son père, reste introuvable.
Dans un courriel adressé à l’intéressée le 1er octobre au matin, la police municipale détaille les pièces exigées pour engager la restitution. Elle réclame « une procuration successorale signée par tous les héritiers mentionnés sur l’attestation », accompagnée de leurs pièces d’identité. Ce document doit expressément autoriser Sandrine Kaps à récupérer le véhicule et à effectuer les démarches administratives.
Une situation familiale compliquée
Une demande qui se heurte, selon elle, à une situation familiale compliquée : son frère est à l’île Maurice et elle ne parvient pas à le joindre ; sa sœur est décédée en février.
La police demande également une attestation autorisant son compagnon, ou une autre personne désignée, à présenter la voiture au contrôle technique. En l’absence de carte grise, elle lui indique qu’ »une fiche d’identification est à demander auprès de la gendarmerie ».
Trois étapes avant une sortie définitive
Le courriel prévoit ensuite une première « mainlevée provisoire », permettant uniquement de transporter le véhicule sur un plateau, depuis le garage où il est entreposé jusqu’au centre de contrôle technique le plus proche. Les frais de remorquage et de gardiennage doivent être réglés auprès du garage. Le procès-verbal du contrôle devra être présenté à la police « dans les 24/48 heures ».
Une seconde mainlevée provisoire pourra alors être délivrée pour effectuer la demande de carte grise. Ce n’est qu’à réception du certificat d’immatriculation au nom de Sandrine Kaps que la police prévoit une mainlevée définitive.
Une marche à suivre existe donc, mais Sandrine Kaps juge les conditions impossibles à réunir dans l’urgence.
Le véhicule « sera détruit quand la préfecture aura donné les moyens nécessaires »
Contactée par téléphone, la police municipale de La Salvetat-Saint-Gilles refuse de commenter davantage le dossier.
La destruction redoutée pour le 2 octobre n’est toutefois pas confirmée. « Aujourd’hui, le véhicule n’est pas détruit, mais il sera détruit quand la préfecture aura donné les moyens nécessaires », indique la police. Le courriel évoque, lui, les « délais légaux de la préfecture », sans préciser d’échéance.
Pour Sandrine Kaps, l’enjeu dépasse le prix de cette vieille voiture. « C’est le dernier souvenir de mon papa », confie-t-elle. Un souvenir qu’elle espère encore sauver de la destruction.














