Un pont provisoire est à l’étude pour maintenir la circulation pendant la rénovation envisagée du pont de Gagnac-sur-Garonne. Mais le projet n’est pas encore totalement validé. Le pont de Gagnac est un des rares passages sur la Garonne au nord de Toulouse, un secteur, porte d’entrée de la zone aéronautique, congestionné tous les matins.
C’est un des rares ponts qui permet de franchir la Garonne au nord de Toulouse et il est, chaque matin, au centre d’un bouchon qui s’étire de Lespinasse à Seilh. Le pont de Gagnac, construit en 1963, à l’époque où la commune comptait 460 habitants (contre 3 200 aujourd’hui), est saturé avec 23 000 véhicules par jour dont une bonne proportion de camions. Surtout, son tablier en béton précontraint vieillit avec des câbles métalliques qui s’érodent. Le pont ne menace pas de s’effondrer (à Mirepoix, il s’agissait d’un pont suspendu, une technique différente) mais si un câble cassait, il fermerait aussitôt par sécurité. C’est pour cela qu’il est sous haute surveillance avec un pesage sur voirie, des capteurs, des caméras…
Toulouse Métropole prévoit sa réfection. Les piles, fondées dans la roche, seront conservées. Le tablier sera, lui, détruit et reconstruit en intégrant une piste cyclable et une voie pour les piétons.
Six à huit mois de fermeture
Mais pour cela, il faut fermer le pont pendant six à huit mois. Une perspective cauchemardesque dans un secteur congestionné, rappelle Patrick Bergougnoux, le maire de Gagnac. D’où l’idée d’un pont provisoire pendant la durée des travaux. Une idée privilégiée par la Métropole, qui fait consensus auprès des maires et que soutient le député Jean-François Portarrieu.
Ce projet avance : depuis lundi une structure flottante est installée en contrebas du pont. La Métropole a commandé des études sur les sols, explique Jean-Jacques Bolzan, l’élu en charge de la voirie. Car si le pont provisoire est privilégié, la solution n’est pas encore totalement validée. La préfecture doit rendre un avis en considérant notamment l’inondabilité d’une partie de Gagnac en cas de crue avec ce pont.
Pour les automobilistes, le temps passe. Le début des travaux de cette structure est envisagé « fin 2028, début 2029 », avance Jean-Jacques Bolzan. Vers la mi-2029, ce pont serait donc en fonction pendant que la réhabilitation du pont originel se poursuivrait jusqu’en 2030. La Métropole prévoit 25 M€ pour ces deux chantiers.
Pour le nord toulousain, l’autre challenge sera la déviation de Seilh, dans le prolongement des routes de Gagnac et de Grenade. Un projet qui ne figure pas encore sur la feuille de route des investissements en cours d’élaboration.
L’avenir incertain d’un nouveau pont
Construire un nouveau pont sur la Garonne au nord de Toulouse? Le projet est à l’étude avec plusieurs tracés qui ont été envisagés, notamment entre Lespinasse et Merville, et une connexion sur l’autoroute Toulouse-Bordeaux. Mais sa réalisation est aujourd’hui menacée malgré la volonté des 53 maires du secteur montés au créneau en 2024. D’abord pour des raisons environnementales liées à l’utilisation de terres naturelles pour la voirie. Mais aussi pour des raisons financières : le pont est estimé au bas mot à 200M€.














