Le plafonnement des prix du carburant par TotalEnergies attire de nombreux automobilistes à Toulouse, créant des embouteillages autour des stations-service, que ce soit sur le périphérique, ou dans la zone industrielle Thibaud. Là-bas, la situation handicape aussi fortement l’accès et l’activité de beaucoup de commerces alentour dont le chiffre d’affaires ne cesse de baisser. Les commerces locaux, comme La Panetière, subissent une baisse de chiffre d’affaires, perdant jusqu’à 300 € par jour, en raison de l’accès difficile. Les commerçants sont au bout du rouleau, on vous explique.
Depuis plusieurs mois, sur fond de tensions internationales et de crise du carburant, le plafonnement des prix appliqué par TotalEnergies attire une foule d’automobilistes. Mais cette initiative en faveur du pouvoir d’achat ne fait pas le bonheur de tous. Les files d’attente s’allongent, jusqu’à empiéter sur la bande d’arrêt d’urgence du périphérique de Toulouse, comme à la Cépière. Autre sujet dans la zone industrielle Thibaud, à Toulouse, la station-service locale est devenue le point noir de la circulation, asphyxiant même les activités alentour des témoignages recueillis sur place.
« Je ne sais plus quoi faire »
« C’est effroyable. Toutes les stations TotalEnergies créent des bouchons, mais celle de la zone Thibaud est particulièrement problématique pour les commerces, déplore un employé de l’enseigne Forum du Bâtiment. Même les ouvriers ne viennent plus déjeuner dans les restaurants du secteur le midi. C’est normal que les clients cherchent le carburant le moins cher, mais il faudrait trouver une solution pour maintenir l’accès malgré la file d’attente. »

En ce début de semaine, la file de véhicules s’étire à perte de vue devant les pompes à prix plafonnés, bloquant totalement la chaussée. À quelques mètres de là, le gérant du garage Car Size ne décolère pas. « Je ne sais plus quoi faire, se désespère Samy. Nos clients ne s’arrêtent plus. Avec plus de trente minutes d’attente toute la journée, y compris le dimanche, ils jettent l’éponge. Les entreprises partenaires ne viennent plus par manque de temps, la marchandise s’accumule et les livraisons bloquent. J’ai par exemple deux pare-brise à 1 000 € stockés depuis plusieurs jours. » Pour le garagiste, le pétrolier doit prendre ses responsabilités : « Ce n’est pas complètement la faute du gérant local qui essaie seulement de faire tourner son commerce. C’est au groupe Total de trouver un aménagement pour garantir un passage. Mais nous sommes tous très inquiets pour la suite. »
« Chaque jour, je perds 300 € de chiffre d’affaires »
Plus loin dans la rue, le constat est tout aussi alarmant pour Elizabeth, gérante de La Panettère. « Nous sommes complètement sinistrés, alerte-t-elle. Mon chiffre d’affaires chute de 300 € par jour. Les ouvriers ne s’arrêtent plus pour acheter leur repas du midi. Faute d’accès, la clientèle a déserté les lieux, de 6 h 30 du matin jusqu’à ce que les cuves soient vides. Je m’interroge sérieusement sur l’avenir de mon commerce. »
Face aux griefs des riverains, Sylvain, le gérant de la station TotalEnergies, se dit désemparé. « C’est une situation très complexe, confie-t-il. Réduire la file d’attente signifierait aussi réduire le passage pour les autres enseignes, et l’inverse pose problème tout autant. » S’il remarque que certains conducteurs tentent parfois de laisser un accès libre, cet espace est immédiatement investi par d’autres véhicules. « En ce moment, les esprits sont particulièrement échauffés. Chacun cherche à faire des économies et la consigne est d’assurer les ventes, ce qui crée de vives tensions. De mon côté, je suis seul sur la station et je ne peux pas régler la circulation à moi tout seul. » La direction de TotalEnergies précise : « en lien avec les exploitants, la préfecture et les riverains, nous suivons quotidiennement la situation des sites les plus sollicités afin d’adapter nos dispositifs ».














