Une semaine après les dégradations et les pillages du 17 octobre, l’hypercentre de Toulouse s’est retrouvé quasiment désert ce samedi 24 octobre, jour de manifestation. Sandrine Rossignol, présidente de la fédération des commerçants, alerte sur les conséquences économiques de ces deux journées.
« C’est totalement mort. Ils n’ont pas du tout travaillé. » Au lendemain de la manifestation du samedi 24 octobre à Toulouse, Sandrine Rossignol, présidente de la fédération des commerçants, dresse un constat alarmant. Une semaine après les dégradations survenues lors du précédent rassemblement, l’hypercentre, cette fois tenu à l’écart du parcours, s’est retrouvé quasiment désert.
« Il y en a beaucoup qui ont fermé, beaucoup qui ont ouvert et qui ont fermé à 14 heures. Il n’y avait personne en centre-ville. C’est comme le week-end dernier. Pas d’activité du tout », déplore-t-elle.
« Tout le monde est stressé »
Au-delà du manque à gagner, c’est la peur des dégradations qui domine. Hier, de nombreuses boutiques avaient protégé leurs vitrines ou baissé le rideau par précaution. « Quel que soit le magasin, on ne connaît pas les objectifs de ces casseurs. On ne sait pas ce qu’ils ont dans la tête. Donc tout le monde est stressé, tout le monde essaie de se protéger », explique Sandrine Rossignol.
Si elle salue l’efficacité des forces de l’ordre dans le centre-ville, la représentante des commerçants redoute surtout la répétition de ces journées sans clientèle.
« On ne peut pas tenir »
« Si ça continue comme ça, il y en a encore un ou deux, c’est fini. Les commerçants, ils ferment définitivement », prévient-elle. « Vous avez du personnel, des charges, la semaine, c’est compliqué. Si vous n’avez pas les clients du week-end où vous faites les plus grosses journées, c’est terminé. Le modèle économique ne fonctionne plus. »
À l’approche des fêtes, elle craint également que les consommateurs se tournent vers les centres commerciaux plutôt que vers les boutiques de l’hypercentre. « Le prix est très lourd à payer. On parle des commerçants qui ont été attaqués, touchés, mais il y a tous les autres. Il ne faut pas oublier ça. Après, qu’est-ce qu’on fait pour eux ? »
Une inquiétude qu’elle résume en quelques mots : « Ils ont peur. Ils ont très peur. »













