Alors que de nombreux appels à se rassembler circulent sur les réseaux sociaux, ce samedi 31 octobre à Toulouse, la préfecture de la Haute-Garonne a décidé d’interdire tout rassemblement non déclaré. Un dispositif de sécurité renforcé sera déployé pour prévenir d’éventuels débordements, malgré l’absence d’appel de l’intersyndicale.
Ce samedi 31 octobre marque l’acte III du mouvement contre la vie chère, qui rassemble depuis la première mobilisation, le 17 octobre dernier, des Gilets jaunes, des militants contestataires, des lycéens et des étudiants. Mais à Toulouse, alors que de nombreux appels à se rassembler, notamment à 14 heures à Jean-Jaurès, circulent sur les réseaux sociaux, aucune déclaration officielle n’avait été déposée en préfecture. D’autant que l’intersyndicale n’appelait pas, de son côté, à se mobiliser. Un contexte flou jusqu’alors, qui ne permettait pas véritablement de savoir à quoi s’attendre.
Manifestation interdite
Mais à moins de 24 heures des appels à se rassembler, la préfecture de la Haute-Garonne a clarifié la situation en indiquant que tout rassemblement non déclaré serait interdit. « Demain, souligne la préfecture, nous n’aurons pas de manifestation à Toulouse. C’est le choix des syndicats et c’est un point très important. Aucune manifestation n’est déclarée, donc aucune manifestation n’est autorisée. Par définition, toute manifestation serait illégale. »
La préfecture insiste : « Tous les appels à rassemblement diffusés sur les réseaux sont interdits et n’auront pas lieu ! Le mot d’ordre : tout rassemblement non déclaré est interdit, qu’il soit statique ou mouvant. Nous n’autoriserons pas la tenue de manifestations sauvages. » Pour autant, le couvre-feu n’est pas reconduit.
Des forces de l’ordre mobilisées
Pour encadrer le centre-ville et prévenir d’éventuels débordements liés aux appels à se rassembler qui circulent sur les réseaux sociaux, la préfecture annonce un dispositif de sécurité renforcé. « Nous serons partout », prévient-elle.
« On traitera tout regroupement de personnes comme un attroupement », indique cette dernière. Le dispositif sera renforcé, avec de nombreux contrôles en amont sur les flux routiers, ferroviaires et autoroutiers, afin d’empêcher les personnes se rendant à Toulouse de transporter des équipements interdits. Ces contrôles seront également effectués dans les départements limitrophes.
Des mesures de protection seront aussi prises par arrêté, notamment l’interdiction des rassemblements non déclarés et des mesures dites « anti-casseurs », visant notamment les carburants, les engins pyrotechniques, les masques, les gants et les lunettes. La gendarmerie sera mobilisée à Toulouse, aux côtés du RAID pour la protection des institutions, des Centaures, du GIGN et des militaires de l’opération Sentinelle.
Les modalités de déclaration d’une manifestation
Cette interdiction ne tombe pas du jour au lendemain. Pour organiser une manifestation, celle-ci doit être déclarée au moins trois jours francs avant sa tenue et des organisateurs doivent être identifiés. Or, ce samedi, aucune déclaration n’a été déposée, contrairement aux précédents rassemblements organisés par l’intersyndicale, qui préfère se consacrer à son prochain appel à la mobilisation, prévu le 5 novembre.
« La liberté de manifester doit composer avec les autres libertés individuelles, en l’occurrence, à Toulouse, la liberté du commerce », souligne la préfecture.


















