José Capela, figure appréciée de Saint-Gaudens, a été mortellement agressé place Jean-Jaurès, suscitant émoi et hommages unanimes. Alors que l’enquête se poursuit, une marche blanche est prévue ce vendredi à 16 heures pour honorer sa mémoire. Le procureur écarte tout lien avec le communautarisme ou le racisme.
« Mais comment est-ce possible qu’un différend se termine par la mort d’un homme » ? C’est, en substance, la question qui revient dans les commentaires et hommages liés à la mort de José Capela. Dans le sud de la Haute-Garonne, le décès du commerçant Saint-Gaudinois, agressé dans la nuit de samedi et dimanche, a provoqué un choc. Une affaire qui n’est ni un fait de « communautarisme », ni un fait de « racisme », indique le procureur de Saint-Gaudens.
Newsletter Faits Divers
Chaque vendredi, retrouvez les affaires qui marquent notre région, les enquêtes qui font parler, les procès majeurs et les coulisses de l’actualité police-justice, décryptés par nos journalistes spécialistes.
De Luchon à Cazères, on s’étonne et on s’offusque : « ça se passe chez nous ». La violence est sortie du petit écran et des réseaux sociaux pour s’installer au cœur du Comminges, place Jean-Jaurès à Saint-Gaudens. La stupéfaction est sincère, cette violence inquiète, la sauvagerie de l’acte affole.
« Ni communautarisme, ni racisme »
Et les réseaux sociaux – encore eux – en rajoutent sur fond de communautarisme et de racisme. « L’un et l’autre sont écartés, ce n’est pas le sujet dans cette affaire », renchérit le procureur de Saint-Gaudens, Christophe Amunzateguy.
De son côté, la famille de José Capela précise également que, contrairement aux rumeurs, elle ne « cible pas la communauté des gens du voyage. Ils sont quelques-uns à être impliqués dans la mort de notre oncle, tous ne sont pas concernés ».
En attendant les résultats de l’autopsie qui a été demandée, les enquêteurs multiplient les auditions et continuent à analyser les images vidéo enregistrées par les caméras de surveillance de la ville.
Hommages
Depuis le début de la semaine, amis, collègues, partenaires, commerçants… Tous rendent un hommage unanime à un homme qualifié de « généreux, travailleur, excellent camarade »…
Bien connu dans la ville centre du Comminges, José Capela fait l’objet de toutes les attentions : les messages de soutien à sa famille se multiplient, les témoignages à propos de la victime aussi.« Il avait du caractère, mais ça ne l’empêchait pas d’être courtois, bon vivant, à l’écoute », commente un collègue. « Un gros travailleur, toujours envie de faire », « une générosité à toute épreuve, il a aidé tellement de jeunes à se lancer », « Il m’a donné la confiance » peut-on lire en vrac.
Créateur de la guinguette MiMi à Saint-Gaudens, Victor Bachichet garde en mémoire ses premiers pas sur la terrasse du 50. À 21 ans, sans aucune expérience, il a poussé la porte du Café 50 : « Tu m’as écouté, tu as cru en moi, et tu m’as tendu une partie de ta terrasse. Qui d’autre aurait fait confiance à un gamin de 21 ans ? Qui d’autre aurait pris ce risque, sans rien attendre en retour ? » écrit-il à José Capela.
John Banga Dockery
Un peu plus loin sur Facebook, son ami écrivain et poète d’origine congolaise, John Banga Dockery, évoque « son exigence du travail bien fait, sa droiture et sa générosité », il parle de cet « homme de terrain, ancré dans sa communauté, dont la présence donnait du sens à tout ce que nous entreprenions ».
Pour autant, malgré cette tragédie qui le révolte et face à cette barbarie, « nous refusons que le bruit de la haine étouffe la douce mélodie de sa vie. Ce qui reste de José, c’est cette empreinte indélébile de dignité, d’amour et de fraternité qu’il a semée partout où il est passé ».
Marche blanche
Une marche blanche sera proposée ce vendredi à Saint-Gaudens. Les participants sont invités à se retrouver devant la place Jean-Jaurès, à partir de 16 heures. Un lieu hautement symbolique: c’est là, à proximité du Cinquante et du 5 Pierre (ses deux établissements), que José Capela a été agressé, roué de coups au point d’en perdre la vie.



















