Se loger à Toulouse est devenu un vrai parcours du combattant avec une pénurie de locations importante. Chaque année plus de 10.000 nouvelles personnes arrivent dans la ville et le nombre de locations est en berne. Coralie, 28 ans se heurte à cette difficulté depuis 10 mois.
C’est presque mission impossible dans la ville rose. Trouver un logement est devenu très compliqué. Tous les ans plus de 10.000 nouvelles personnes arrivent à Toulouse et le nombre de locations est en berne. Parmi ces futurs locataires en quête d’un appartement il y a Coralie. La jeune femme de 28 ans a quitté Perpignan en janvier dernier pour démarrer une nouvelle vie à Toulouse mais elle se heurte depuis à la difficulté de trouver un toit.
« J’ai mon téléphone en alerte »
Le rituel de Coralie est le même depuis 10 mois : « tous les jours non-stop, du matin au soir je suis sur Se loger, sur Bien ici, sur Le Bon Coin, j’ai mon téléphone en alerte« . En attendant, cette vendeuse en CDI loge chez l’habitant à la Salvetat-Saint-Gilles et c’est sur ces pauses au travail qu’elle passe des coups de téléphone aux agences immobilières quand elle voit une nouvelle location en ligne « Je mets en favori un appartement, même pas une heure et demie après j’appelle l’agence et ils me disent que le bien est loué, qu’ils ont eu je ne sais pas combien de demandes, que c’est plus possible pour eux de prendre des dossiers« , raconte-t-elle.
Dans l’agence Saint-Pierre Immobilier dans le centre-ville de Toulouse c’est une situation que l’on connaît bien : « En une heure on a dix visites qui se calent« , évoque Stéphane Grosrenaud, le gérant de l’agence, « c’est 50, 60 appels par jour pour un appartement donc on poste une annonce et le soir même, on la désactive« . Cet été « on avait 20, 30 personnes qui rentraient dans l’agence et même encore maintenant alors qu’octobre est un mois qui est censé être plus calme, on a même dû afficher sur la porte « plus de location » car on a encore des gens qui viennent pour cela« .
Des propriétaires qui ne veulent plus louer
L’agence connaît un marché locatif en baisse avec 30% de logements en mois sur les quatre dernières années. « Les propriétaires-bailleurs cèdent leurs appartements à cause du plan pluriannuel de travaux, la contrainte des DPE, beaucoup nous le disent et arrêtent la location pour cela« , confie le gérant. « Les personnes n’achètent plus, c’est devenu compliqué d’acheter et donc il y a moins d’investissement locatif« , ajoute aussi Alexandra Gossi, gestionnaire locative chez Orpi.
Les logements sociaux également très demandés
Pour multiplier ses chances, Coralie, qui est éligible à un logement social, a fait un dossier et a fait une demande pour un logement : « je vois le nombre de personnes, entre 2.000 ou 3.000 dossiers déposés sur le bien, mais comment on fait pour être sélectionné dans ces cas-là ?« , s’interroge-t-elle. En effet, les chiffres sont sans appel : « En 2025, nous avions en moyenne 52.000 demandes en attente avec sur la métropole toulousaine et 5.900 attributions de logement social », énumère Laurence Katzenmayer, l’adjointe au logement à la mairie de Toulouse et présidente de Toulouse Métropole Habitat qui ajoute qu »aujourd’hui on a une attribution de logement social pour 6,3 demande« .
Et les délais d’attente sont longs de 20 mois pour un T1 à 41 mois pour un T5. Jusqu’en 2032, 500 logement sociaux vont être construits chaque année à Toulouse, la mairie veut renforcer sa communication sur les possibilités qui s’ouvrent aux personnes qui cherchent un logement. « Beaucoup ne sont pas au courant qu’ils sont éligibles aux logements sociaux« , explique l’adjointe qui prévoit d’ici quelques jours la parution de flyers avec des QR Code pour mieux informer des dispositifs existants. Les logements sociaux représentent un milliard d’euros sur le mandat en cours.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555













