Dans le centre commercial de Compans-Caffarelli à Toulouse (Haute-Garonne), les enseignes discount comme Action et Normal attirent les consommateurs avec des prix imbattables. Les clients témoignent de l’attrait de ces magasins pour des achats imprévus, malgré une baisse du pouvoir d’achat.
Ce jeudi d’octobre, Assanya est entrée dans un magasin Action pour une raison bien précise : acheter du papier-toilette. Vingt minutes plus tard, elle ressort de la boutique située dans le centre commercial toulousain de Compans-Caffarelli avec un sac en plastique recyclé bien rempli. « C’est pour ça que j’essaie d’y aller le moins possible, rigole-t-elle. Je repars toujours avec des choses inutiles. »

Ses achats imprévus ? Un pot décoratif d’Halloween, un coffret cadeau de soins et un énorme pot de ketchup. C’est toute la malice des enseignes discount qui dopent la surconsommation par des produits à petit prix.
« Maintenant, je vais voir chez Action d’abord »
Dans les rayons, les clients ont le sentiment de faire de bonnes affaires. « Voyez le prix d’un bidon de liquide vaisselle à moins d’un euro. Je ne trouverai jamais ça dans les supermarchés », nous montre Marie-Line, retraitée. Les prix des rayons ménagers et de la vaisselle semblent effectivement aguicheurs. Un bidon de gel douche 650 ml coûte 1,98 euro contre 4 à 4,50 euros pour les références relevées en grande surface. « J’ai acheté la semaine dernière des cartons pour un déménagement. Chez Conforama, c’était deux fois plus cher ! Alors maintenant, je me dis que je vais voir chez Action d’abord. » En plus de produits ménagers, Marie-Line repart aussi avec une paire de chaussons et un porte-monnaie.
À l’étage supérieur, le second géant du discount Normal met un accent plus fort sur la cosmétique, l’hygiène et la beauté. Le parcours du magasin est pensé comme un labyrinthe ludique inspiré d’Ikea. La déco y est tape-à-l’œil à l’inverse d’Action, avec de la pop commerciale en guise de musique d’ambiance. « On trouve de tout à des prix sympas pas comme à Sephora, opine une cliente accompagnée de son fils. Je n’achète mes parfums qu’ici. Ce n’est pas la même qualité mais ça sent bon quand même, c’est le principal. »

« Je ne prends jamais l’avion, donc ça compense »
Les amateurs de hard-discount ne sont pas forcément des acheteurs compulsifs. Estelle, jeune active de 32 ans, nous fait part d’un intérêt bien ciblé sur des produits discount. « Je viens pour acheter un truc précis comme un coupe-échalote électrique, une poubelle de cuisine ou des barrettes mais j’y vais le moins possible. Je dois dépenser environ cent euros par an dans des magasins discounts. »
Léo, étudiant dans l’enseignement, ne flâne pas non plus dans les rayons : « Là, je viens pour des boîtes de rangement uniquement. Je n’ai pas les moyens de me laisser aller. » Aussi aguicheurs que soient les prix, la baisse du pouvoir d’achat se ferait également sentir chez les discounters. « Les paniers moyens ont diminué, observe une employée de l’enseigne Normal. Les clients viennent avec une idée précise et ne s’attardent plus. » Reste la question de l’impact environnemental de ces achats à bas prix. « Je ne ressens aucune culpabilité à prendre des produits made in China parce que je suis étudiant, poursuit Léo. Et je ne prends jamais l’avion, donc ça compense. »














