Le tribunal de commerce de Toulouse a placé l’enseigne GiFi en redressement judiciaire ce 3 novembre 2026. Cette décision fait suite à la déclaration de cessation de paiement par Patrick Puy, le gérant. Une période d’observation de six mois débute, pour évaluer les options de continuation ou de cession.
La décision était attendue et elle a été confirmée ce 3 novembre 2026. Le tribunal de commerce de Toulouse vient de placer l’enseigne lot-et-garonnaise GiFi en redressement judiciaire. Patrick Puy, l’actuel gérant de GiFi, avait déposé une demande en ce sens le 23 octobre dernier, après avoir déclaré deux jours plus tôt être en état de cessation de paiement.
L’avenir des 513 magasins et des 6 000 salariés est sur la sellette. Une période d’observation cruciale d’une durée de six mois s’ouvre désormais pour l’enseigne de déco à petits prix. Le tribunal précise que durant cette période « un bilan économique et social et des propositions tendant à la continuation ou à la cession de l’entreprise dans le cadre d’un redressement » seront établis. L’actuel patron du groupe et les membres de la délégation du personnel du comité social et économique (CSE), ont d’ores et déjà rendez-vous le 11 décembre prochain, à 14 heures à Toulouse, pour présenter une situation de trésorerie et financière. Ce n’est qu’après cette étape que la procédure sera officiellement ouverte. Le 8 janvier 2027 à 9 h 30, le tribunal déterminera si l’entreprise « dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d’activité et le maintien de la période d’observation. »
Baisse brutale du chiffre d’affaires l’été dernier
Lors du dépôt de sa demande de redressement judiciaire, Patrick Puy est revenu sur les difficultés rencontrées par l’enseigne. Le gérant a expliqué que la mise en place d’un nouveau système d’information intégré (ERP) a fortement affecté la gestion des stocks et des approvisionnements des magasins et eu des répercussions directes et durables sur le chiffre d’affaires. Il a également indiqué que le recentrage du réseau de magasins, opéré sur la période 2025-2026 et incluant la fermeture de 67 magasins déficitaires et la cession de 26 autres au groupe Grand Frais, n’a pas suffi à redresser le groupe.
Si des progrès opérationnels sensibles ont été enregistrés au premier semestre 2026, une « dégradation brutale de l’activité » cet été a fait plonger le chiffre d’affaires de 9,6 % en juillet dernier puis de 3,9 % au mois d’août. Cela a eu pour effet de conduire à un besoin de trésorerie non couvert estimé entre 25 et 30 M€ à compter d’octobre 2026.
Les salaires pris en charge par l’AGS
Au 11 octobre 2026, les dettes de l’enseigne s’élèvent en effet à 90,8 millions d’euros pour un actif disponible de seulement 3,7 millions d’euros. GiFi n’ayant plus la capacité de régler les salaires pour la période comprise entre le 1er octobre 2026 et l’ouverture de la procédure de redressement judiciaire, une prise en charge par l’AGS* va être demandée. Durant toute la période d’observation l’activité va suivre son cours normalement.
















