Ce week-end des 7 et 8 novembre 2026, l’Association mycologique de Toulouse présente à la faculté de pharmacie de Toulouse son exposition sur les champignons. L’occasion d’aider le grand public à reconnaître les variétés, tandis que la saison est particulièrement pauvre en espèces. Un moyen de s’y retrouver dans les forêts ce week-end, sans se tromper. Explications.
Comment différencier une amanite des Césars et celle baptisée tue-mouches ? Le rosé des prés et l’agaric jaunissant ? Ce n’est pas toujours évident et la ressemblance entre deux champignons peut conduire à des faits dramatiques, en particulier des intoxications. L’Association mycologique de Toulouse propose ainsi une exposition sur les champignons à la faculté de pharmacie de Toulouse ces 7 et 8 novembre 2026.
Alors que la saison est particulièrement pauvre en diversité d’espèces, le risque de confusion augmente. À Montpellier, une jeune femme de 27 ans est décédée, ce mardi 3 novembre 2026, d’une intoxication aux champignons, pourtant achetés en grande surface. Ce temps d’échange à Toulouse doit justement permettre au grand public de reconnaître plus facilement les variétés et éviter tout incident.
« Deux fois moins de champignons que l’année dernière »
Ce n’est pas un succès pour la saison des champignons dans la région Occitanie. Si vous avez maintenu vos balades habituelles du dimanche, vous avez probablement eu du mal à remplir le panier. Mais pourquoi en trouve-t-on si peu ? La cause principale est la sécheresse. Marianna Muneretto, de l’Association mycologique de Toulouse, l’explique : « La priorité, ce sont les arbres. Ils sont en symbiose avec les champignons et font un échange. Le champignon donne de l’eau aux arbres et vice-versa mais il n’y en a pas assez pour provoquer beaucoup de champignons ».
Après plusieurs sorties, Marianna remarque une quantité au moins deux fois moins importante que l’année passée. « Avec cinquante élèves nous avons trouvé que dix cèpes, même les pieds de mouton que l’on trouve habituellement à foison, je n’en ai eu qu’un ou deux ».
« Ils ramassent tout et n’importe quoi pour ne pas rentrer sans rien »
En résumé, il y a peu de champignons dans les bois. Selon la mycologue, cette situation peut augmenter le risque d’intoxication : « vendredi lors d’une sortie à Buzet, il y a quelqu’un qui était persuadé qu’il avait trouvé des chanterelles alors que je n’en ai jamais trouvé là-bas. Il m’a montré la photo et c’était un entolome livide qui est toxique, très grave ».
Les symptômes s’il les avait consommés : gastro-entérite grave avec hospitalisation. « Les gens ne veulent pas rentrer les mains vides, ils veulent à tout prix manger des champignons et récoltent n’importe quoi », déplore-t-elle.
« L’exposition nous permet de faire de la pédagogie »
C’est justement pour éviter ces accidents que l’Association mycologique de Toulouse organise son exposition ce week-end des 7 et 8 novembre à la faculté de pharmacie. « Ce qui compte beaucoup pour nous, c’est d’informer les gens ».
Au programme : différents ateliers pour reconnaître les espèces, mieux connaître les variétés et leur dangerosité. Des dégustations de recettes à base de champignons sont aussi prévues le dimanche matin avec le chef Henri Astorg.
Les conseils du chef Henri Astorg pour bien cuisiner vos champignons
- N°1 : ne pas les laver. « Il est préférable de bien les frotter avec un torchon humide. Et si vous les lavez, surtout ne pas les laisser dans l’eau, on perd énormément de saveur. »
- N°2 : faire une pré-cuisson. « Dans une poêle avec très peu d’eau, sans échalotes, sans beurre, pour faire évacuer l’eau du champignon avant de le saisir. »
- N°3 : pas trop d’ail. « La plupart des champignons sont naturellement parfumés. Il ne faut pas forcer sur l’ail, parce que ça tue l’arôme. »















