EXCLUSIF. Un étudiant en quatrième année de médecine, âgé de 22 ans, a été mis en examen pour viols et agressions sexuelles après les accusations de deux patientes accueillies aux urgences de Rangueil et de Purpan, à Toulouse. Les faits dénoncés se seraient déroulés à quelques jours d’intervalle, en octobre. Une conversation entre employées des deux établissements a permis de rapprocher leurs récits. Placé sous contrôle judiciaire strict et suspendu de ses activités hospitalières et universitaires, le jeune homme soutient que ses gestes étaient justifiés par les douleurs des deux femmes.
Une conversation entre collègues a suffi pour rapprocher deux accusations de viol dans les hôpitaux toulousains. En cette fin de mois d’octobre 2026, une employée de Rangueil évoque la plainte pour viol émise par une patiente contre un étudiant en médecine. Son interlocutrice, qui travaille à Purpan, s’étonne : dans son établissement aussi, une femme a dénoncé des faits similaires quelques jours plus tôt. Au fil de l’échange, elles comprennent qu’elles parlent du même soignant. Âgé de 22 ans, cet étudiant en quatrième année vient d’être mis en examen pour viols et agressions sexuelles.
Une consultation aux urgences
L’affaire prend sa source le 25 octobre 2026. Ce jour-là, une étudiante de 25 ans se présente aux urgences de Rangueil. Elle souffre du ventre et de la gorge, peine à déglutir. Après un premier accueil infirmier, le jeune homme prend le relais pour l’examiner et l’orienter dans son parcours de soins.
Seule avec lui, la patiente répond à ses questions. Selon son témoignage, il lui palpe plusieurs parties du corps, dont les seins, puis lui demande de retirer sa culotte. Il lui aurait ensuite caressé les parties intimes. Choquée par cet examen, la jeune femme décide de déposer plainte.
Une autre patiente
Les accusations circulent au sein de l’hôpital, jusqu’à cette discussion avec une collègue de Purpan. Dans cet autre établissement, les faits dénoncés remonteraient à la semaine du 19 octobre. Le même étudiant, qui effectuait ses premières permanences, y avait déjà été mis en cause pour viol aux urgences. La plaignante, qui venait pour des douleurs pelviennes, aurait subi les actes de l’apprenti-médecin.
Les deux victimes ne se connaissent pas. Pourtant, à quelques jours d’intervalle, chacune décrit des gestes à caractère sexuel qu’elle aurait subis au cours de sa prise en charge. La justice ne croit pas au hasard. Le parquet fait le lien entre les deux dossiers et ordonne à la police de se charger des investigations.
Des gestes contestés
Placé en garde à vue à la fin du mois d’octobre, l’étudiant donne une tout autre explication aux enquêteurs. Il soutient que les examens pratiqués répondaient aux douleurs signalées par les patientes au bas du ventre.
Il effectuait alors ses premières gardes en autonomie dans un service d’urgences sous forte tension. Jusqu’ici inconnu de la justice et sans antécédent disciplinaire, le jeune homme est défendu par Me Emmanuelle Franck et Me Alexandre Martin. Les deux avocats refusent de commenter l’instruction en cours.
Suspendu de ses activités
À l’issue du débat devant le juge des libertés et de la détention, la défense a obtenu son placement sous contrôle judiciaire strict.
Les investigations se poursuivent sous l’autorité d’un juge d’instruction.
» L’Université de Toulouse a décidé d’interdire, à titre conservatoire, l’accès à son enceinte et à ses locaux à l’étudiant concerné pour une durée de 30 jours.La direction du CHU de Toulouse a procédé, dès le 25 octobre, à deux signalements auprès du procureur de la République. Elle a également décidé de suspendre immédiatement, à titre conservatoire, l’étudiant de l’ensemble de ses fonctions hospitalières. Le CHU de Toulouse et l’Université de Toulouse sont pleinement mobilisés et continueront de prendre les mesures nécessaires dans le cadre de cet évènement et de toute situation de nature à porter atteinte à la sécurité et la dignité des patients », explique un porte-parole du CHU Toulouse.Ces derniers mois, les hôpitaux toulousains n’ont pas été épargnés par l’actualité, ils doivent notamment gérer le scandale de la morgue où des corps étaient oubliés depuis des années, dont celui de Michel Meynard, qui a passé plus de 14 ans dans une chambre froide.













