Avec la canicule, le chant des cigales n’est plus tout à fait le même. Un entomologiste du Gers nous explique ce que la chaleur mais également le réchauffement climatique fait à ces insectes.
Leurs chants viennent adoucir un peu le quotidien des habitants du Midi toulousain. Les cigales se font entendre en cet été 2026. Mais sont elles beaucoup plus présentes? Et quels impacts ont le réchauffement climatique et la canicule sur leurs espèces ? Yann Evenou, entomologiste et écologue, qui participe aux travaux du Groupe Invertébrés Midi Pyrénées du Conservatoire d’Espaces Naturels d’Occitanie nous éclaire.
Des espèces méditerranéennes plus présentes
« Il y a 43 ans je ne voyais et seulement occasionnellement qu’une des espèces de cigales rouges, maintenant je vois pratiquement tous les jours deux grandes espèces et deux petites espèces de cigales », raconte Yann Evenou. « Ces espèces se déplacent de la région méditerranéenne vers notre région ». Les cigales rouges sont noires avec des taches rouges sur le corps et les nervures des ailes rouges, les autres espèces sont plutôt grises ou brunes.
« 9 des 22 espèces françaises se trouvent maintenant dans un rayon de 60 kilomètres autour de Toulouse », souligne l’entomologiste qui ajoute : « De nouvelles espèces de libellules arrivent aussi d’Espagne et d’Afrique du Nord ».
Un chant sans échauffement
La canicule change aussi leur manière de chanter. Les cigales ne chantent pas en dessous de 22 degrés environ, et lorsqu’il fait très chaud « au lieu de commencer par un chant haché elles passent directement à un chant continu », souligne Yann Evenou. Elles n’ont en fait pas besoin d’échauffer leurs muscles qui activent les cymbales, ces petits disques situés de part et d’autre de l’abdomen. Un mécanisme qui peut se répéter jusqu’à 400 fois par seconde.
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