Lilio Contie représentera la France au futur championnat européen d’échecs en novembre. L’adolescent de 15 ans qui vit à Beauzelle raconte comment ce sport est entré dans sa vie et l’a aidé à jongler avec ses troubles de l’attention et autistique.
« Avec les blancs, je joue souvent E4 », déclare Lilio Contie, devant son échiquier, face à sa mère, qui a accepté de jouer une partie avec son fils ainé. Mais l’issue est déjà connue d’avance. A 15 ans, cet adolescent de Beauzelle est champion de France d’échecs dans sa catégorie. D’ailleurs, deux minutes plus tard, il déclare calmement « Echec et mat « , laissant apparaitre ses fossettes en souriant.
Sa maman, Chloé, prend la défaite à la rigolade et avoue que lorsque son fils a commencé les échecs à sept ans « par pur hasard », elle et son mari « étaient assez sceptiques ». Le garçon aux longs cheveux châtains a été diagnostiqué TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention avec Hyperactivité) à l’âge de cinq ans et TSA (Trouble du Spectre de l’Autisme) à l’âge six ans.
« Un éléphant dans un magasin de porcelaine »
Les échecs n’apparaissent pas comme le sport prédestiné au petit garçon qui a fait l’école à la maison parce que ses troubles le rendaient trop turbulent. « Un enfant hyperactif qui joue aux échecs, on avait un peu l’impression que c’était un éléphant dans un magasin de porcelaine », se souvient Chloé avec humour. Certes, les échecs et les problèmes de concentration « peuvent paraitre incompatibles » concède Lilio. Mais « vu que je suis très compétiteur, au final, ça m’a forcé à apprendre et m’a beaucoup aidé dans mes troubles au quotidien » analyse le jeune champion.
Si sa mère parle d’une véritable « thérapie » , les deux rappellent que le TSA et le TDAH restent des handicaps. « Si j’avais eu moins de difficultés, ça m’aurait demandé moins d’investissement. Ça va me demander plus d’heures de travail et plus de temps donc plus de motivation », raconte l’adolescent qui peut passer huit heures par jour dans la petite pièce aménagée comme son bureau de travail.
Engagement familial et financier
Un investissement qui entraine toute la famille. « Ça nous prend tous nos week-end et toutes nos vacances » témoigne Chloé, considérée comme son aidante familiale au quotidien, et accompagnatrice PSH (personne en situation de handicap) par la SNCF. La famille prévoit ses vacances et visites touristiques en fonction des lieux de tournois.
Un dernier engagement important est celui des finances. « Il faut être réaliste, comme dans d’autres sports, il y a aussi une notion d’investissement » prévient Chloé, en énumérant toutes les dépenses nécessaires :« l’entrainement quotidien, les entraineurs, les compétitions d’échecs individuels » qui restent à la charge de la famille.
En vue des championnats d’Europe en novembre, où Lilio représentera la France, les Contie ont lancé une cagnotte en ligne. Deux cents euros, déjà été récoltés, ont permis de payer les inscriptions aux tournois de l’été. Le prochain objectif vise à financer l’entrainement de juillet de celui qui se rêve « grand maitre international » des échecs.
Propos receuillis par Eulalie Pinet-Lanta
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555


















