À L’Union, près de Toulouse, un péage cristallise depuis plus de vingt ans la colère des élus. Ce cas s’inscrit dans une contestation plus large. Portée par l’avocat toulousain Christophe Lèguevaques, une action collective remet en cause les tarifs des péages autoroutiers.
« 50 centimes pour parcourir 1,2 km sur une voie rapide, c’est l’un des péages les plus chers de France », dénonce Marc Péré, maire (divers gauche) de L’Union. Depuis 1993 et l’installation d’un péage, les 13 000 habitants de cette commune doivent payer pour rejoindre la rocade toulousaine. On parle ici du « petit » péage de L’Union et non de son voisin, situé à l’entrée de l’autoroute d’Albi (A68).
« On réclame la disparition de ce péage »
En 2003, Marc Péré était déjà engagé dans le Collectif anti-péage A68. Plus de vingt ans plus tard, l’édile poursuit le combat.
Depuis la privatisation du secteur autoroutier en 2006, la gestion des autoroutes françaises est majoritairement confiée par l’État à des groupes privés. Si le principe du péage repose sur le financement de l’entretien et de l’exploitation des infrastructures par les usagers, plusieurs institutions, notamment la Cour des comptes, le Sénat et l’Inspection générale des finances, ont pointé un écart entre le prix payé par les usagers et le service rendu.
« Les habitants ne peuvent pas payer 1 € par jour pour l’aller-retour. C’est un véritable point de blocage pour la commune. On réclame la disparition de ce péage », affirme Marc Péré. Le maire soutient également l’action collective engagée par l’avocat toulousain Christophe Lèguevaques. Au nom de 1 354 particuliers, professionnels et entreprises, celui-ci a adressé au gouvernement, le 21 août, une demande visant les contrats conclus avec cinq sociétés concessionnaires : ASF, Cofiroute, APRR, AREA et Sanef.
Le gouvernement a deux mois pour répondre
Selon lui, l’État aurait pu récupérer plus de 75 milliards d’€ sur la durée contre seulement 15 milliards engrangés en 2006 lors de la privatisation des autoroutes. « Il est incompréhensible et anormal que l’État renonce à 2 à 3 milliards d’€ par an pour enrichir les actionnaires des concessionnaires », dénonce Christophe Lèguevaques.
Son objectif est désormais d’obtenir le remboursement d’une partie des péages perçus. Pour y parvenir, une première étape consiste à faire constater par le Conseil d’État les « irrégularités » qui entoureraient certaines hausses tarifaires. Christophe Lèguevaques pointe également l’indexation des tarifs sur l’inflation qu’il juge illégale, ainsi que le contrôle des travaux financés par les usagers. « Un péage sans contrepartie démontrable n’est plus une redevance », souligne l’avocat.
Le gouvernement a jusqu’au 21 octobre pour répondre, avant une éventuelle saisine du Conseil d’État. Parmi les sociétés visées figure ASF qui exploite le péage de L’Union.


















