A l’aube de la nouvelle saison de football, le prix des licences continue d’augmenter. Cela représente environ 40 euros en plus. Dans ce contexte, certains parents peinent à régler les montants demandés. En Haute-Garonne, le problème concerne quelque 44.000 licenciés répartis dans près de 200 clubs.
Quand les enfants reprennent le sport, les parents mettent la main à la poche. En ce début de saison, le prix des licences de football augmente, à l’échelle nationale. Ce sport considéré comme populaire fait les frais de la hausse du coût des charges, tout en pâtissant du manque d’aides des collectivités.
Les parents se sacrifient
Sous un soleil de plomb, le stade Cazal Lapujade de Toulouse est pris d’assaut par les jeunes licenciés du club de football local. Depuis le bord du terrain, Guy assiste à l’entraînement de son fils. Comme chaque année, il constate que le prix de la licence est en hausse. « Ça fait quatre ans qu’il fait du foot. Cette année, on est presque à 400 euros, licence et tenue comprises. On aimerait leur faire plaisir, mais c’est quand même quelque chose qui reste conséquemment cher », reconnaît le père de famille.
Quelques mètres plus loin, Samia reconnaît faire des sacrifices pour permettre à son fils de jouer : « Mon mari s’investit encore plus dans le travail pour pouvoir payer la licence. Mon fils se sent bien dans ce club et c’est primordial pour moi. Je connais des familles nombreuses où deux enfants sur quatre ne font pas de sport car c’est devenu trop cher. Je trouve ça triste pour les enfants. »
« Tous les frais augmentant à côté, on n’a pas eu le choix »
De leur côté, les clubs justifient ces hausses comme conséquence de l’augmentation des charges non-soutenue par les collectivités. Marie-Loup Arnaud, présidente du club rural de Venerque-Le Vernet, a été contrainte d’augmenter le prix des licences : « Avant on avait une licence à 110 euros. On a dû l’augmenter à 150 euros pour diverses raisons : l’augmentation du prix de la licence auprès du district, la baisse des subventions des mairies et les événements qui ont rapporté moins que l’année passée. Tous les frais augmentant à côté, on n’a pas eu le choix. »
La présidente ajoute que les modifications du Pass’Sport annoncées par le gouvernement fin août ont contraint nombre de licenciés à s’adapter au dernier moment : « Beaucoup de personnes s’étaient inscrites en pensant avoir accès au Pass’Sport et se retrouvent finalement sans. Il faut trouver un autre moyen de financer la partie manquante ».
Les filles, premières sacrifiées ?
La hausse du prix des licences, jumelés à des aides plus faibles pourrait pousser nombre d’amateur du ballon rond à ne pas se réinscrire pour les prochaines saisons. Plus encore, le président du district de la Haute-Garonne, Marco Sentein alerte sur un risque d’inégalité d’accès entre les filles et les garçons : »L’augmentation inéluctable du prix des licences pourrait avoir une incidence sur les très jeunes, et particulièrement chez les jeunes filles. L’année dernière, alors que le Pass’Sport ne s’appliquaient pas aux 6-13 ans, on a observé une diminution des licenciés de 5% chez les garçons contre 17% pour les filles, sur cette tranche d’âge. Les clubs souffrent d’un manque d’infrastructures pour accueillir les jeunes filles, comme les vestiaires. »
Selon lui, les filles représenteraient 10% des 2,3 millions de licenciés de la Fédération Française de Football (FFF). Son président, Philippe Diallo, avait fait de l’augmentation du nombre de joueuse le chantier principal de son mandat. D’ici 2028, il souhaite enregistrer 500.000 footballeuses.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555












