SÉRIE 1/7. Pour tout savoir sur les municipales des 15 et 22 mars à Toulouse, nous vous proposons aujourd’hui un nouveau rendez-vous avec Jean-Noël Gros, journaliste politique à la Dépêche du Midi, qui vous raconte le feuilleton de la campagne dans la Ville rose. Pour cette première : les candidats et les enjeux. Et on se retrouve ensuite chaque fin de semaine.
À Toulouse, la bataille du Capitole a déjà bien démarré. À sept semaines du premier tour, le 15 mars, on fait le point avec Jean-Noël Gros. Entretien.
Quels sont les principaux candidats ?
À Toulouse, il y a trois principaux candidats auxquels il faut ajouter un quatrième qui est susceptible d’arriver au second tour. Le premier, c’est le maire de centre droit et ex-LR, Jean-Luc Moudenc. S’il est élu, ça fera son troisième mandat d’affilée. Il est challengé par deux concurrents à gauche. François Briançon pour le Parti socialiste qui s’est allié avec les Verts et neuf autres formations. Il y a François Piquemal qui est le candidat Insoumis. Et puis, il faut ajouter le Rassemblement national qui est en embuscade et qui pourrait jouer un rôle clé.
Pourquoi le RN pourrait arbitrer l’élection ?
Toulouse a toujours été une terre de gauche. Mais les scores des Européennes et des législatives de 2024 sont un signal. Comme partout en France, le RN monte. S’il franchit la barre des 10 % des exprimés au premier tour, le candidat lepéniste peut se maintenir. Il prive alors Jean-Luc Moudenc d’un certain nombre de voix. Dans une ville qui vote à gauche lors des élections nationales, l’élection d’un maire de centre droit reste une anomalie. La moindre voix manquante, surtout face à une gauche réunie, peut être fatale à Jean-Luc Moudenc. L’élection pourrait être plus serrée que ce qu’on pense. Et le scénario de la défaite du maire sortant n’est pas exclu.
Et à gauche, quelle est la situation ?
À gauche, c’est toujours pareil. Il y a toujours eu à Toulouse deux gauches, une rouge et une rose. Et cette fois-ci encore, elles ne se sont pas entendues. D’un côté, François Briançon porte les espoirs d’une social-démocratie. De l’autre, François Piquemal, élu député à deux reprises, veut incarner « une gauche de rupture ». Ces deux gauches sont en concurrence et se lancent quelques piques. Mais elles se ménagent aussi. Car l’option d’une union au second tour est possible. C’est une des grandes questions du scrutin. Mais d’abord, il faut voir quelle gauche arrivera devant l’autre au premier tour. Car c’est elle qui dictera ses conditions en cas d’alliance.
Quels sont les enjeux de cette campagne ?
Dans une ville étudiante et festive, la sécurité reste le sujet n° 1 avec notamment la question des agressions nocturnes. On a vu apparaître d’autres thématiques : le pouvoir d’achat, les déserts médicaux avant même les transports alors que Toulouse reste une ville encombrée. D’un point de vue politique, je dirais qu’il appartient à la gauche « rose » de retrouver un élan et de récupérer les parts de marché que lui ont pris les Insoumis. L’enjeu des Insoumis est d’amener aux urnes des publics favorables mais qui ne votent pas, comme les jeunes et les quartiers populaires. Jean-Luc Moudenc, comme en 2020, tente de se poser en « rempart » du Capitole contre « l’extrême gauche », comme il dit, et d’être au-dessus de la mêlée, celui qui peut rassembler tous les Toulousains.




















